Les silos du port de Beyrouth, au 3e jour de la visite du pape au Liban. Photo L'Orient-Le Jour/Matthieu Karam.
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a affirmé mardi sur X que « l’Unité 121 du Hezbollah a assassiné des personnalités parce qu’elles en savaient plus qu’elles ne le devaient sur l’explosion au port de Beyrouth » et « menaçaient de dévoiler le rôle du parti dans cette tragédie ».
« Le parti a utilisé sa cellule d’assassinats brutaux pour tenter d’étouffer la vérité, mais le peuple libanais n’est pas dupe. Et la vérité, même si elle se fait attendre, finira par éclater », a-t-il ajouté.
Israël affirme que le Hezbollah a provoqué la double explosion du 4 août 2020 qui a fait plus de 200 morts, des milliers de blessés et d'importants dégâts à Beyrouth. « L’Unité 121 du Hezbollah a assassiné quatre personnalités libanaises bien connues, de peur qu’elles ne révèlent des détails sur l’explosion, assure-t-il. Les victimes étaient des officiers des douanes et des journalistes ayant évoqué l’implication du Hezbollah dans l’explosion ».
Selon lui, Joseph Skaff, un officier des douanes du port de Beyrouth, a été tué en 2017 « après avoir demandé l’évacuation du nitrate d’ammonium du Hezbollah du port » ; le colonel à la retraite des Douanes, Mounir Abou Rjeily, aurait été poignardé à mort en décembre 2020 « par les membres de la cellule, après avoir partagé des informations liant le Hezbollah à l’explosion » ; le photographe Joe Bejjani, qui avait documenté l’explosion et assisté l’armée libanaise, « a été abattu dans sa voiture en décembre 2020 par la cellule 121, qui a volé son téléphone avant de s’enfuir » ; enfin, le militant politique et journaliste Lokman Slim a été tué par balle en février 2021 « peu après avoir accusé le Hezbollah et le régime d’Assad d’être responsables de l’explosion », a ajouté le porte-parole israélien.
« Le Hezbollah a nié son implication dans ces quatre assassinats, et les enquêtes restent inachevées. Ces crimes s’ajoutent à ceux de Rafic Hariri et d’Elias Hasrouni », a conclu Avichay Adraee.
Elias Hasrouni, ancien membre des Forces libanaises, avait été retrouvé mort en août 2023. Israël affirme que le Hezbollah a propagé des « rumeurs » selon lesquelles « il aurait été tué dans un accident de voiture » lorsqu’il est décédé dans son village de Aïn Ebl (Bint Jbeil), une zone du Sud-Liban sous influence du Hezbollah. L’affaire avait suscité des tensions au Liban, deux mois avant le début de la guerre à Gaza et du conflit entre le Hezbollah et Israël.
Le retrait d'un bulldozer de l'armée
Par ailleurs, sur le terrain, le comité de surveillance de l'application du cessez-le-feu (dit le « mécanisme ») a demandé à l’armée libanaise de retirer un bulldozer qui dégageait les débris d'un complexe détruit par des frappes israéliennes deux semaines plus tôt à Tayr Felsay (Tyr), selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Selon une source sécuritaire contactée par L’Orient-Le Jour, « les propriétaires du complexe avaient tenté d’enlever les décombres, mais Israël avait alors demandé d’interrompre les travaux ». « Les travaux sont donc provisoirement suspendus », ajoute la source. Le 19 novembre, après avoir adressé des avertissements à des habitants de plusieurs villages du Liban-Sud, l’armée israélienne avait mené des frappes dans ces zones, affirmant viser « des infrastructures militaires du Hezbollah ».
Morgan Ortagus, envoyée spéciale du président américain Donald Trump, doit se rendre à Beyrouth mercredi pour participer à une nouvelle réunion du mécanisme de supervision du cessez-le-feu. Le ministre qatari des Affaires étrangères est également attendu au Liban mercredi. Mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Israel Katz ont rencontré Mme Ortagus dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a déclaré avoir eu « une discussion utile sur la situation au Liban » et lui avoir affirmé que « le Hezbollah viole la souveraineté libanaise et que son désarmement est essentiel pour l’avenir du Liban et la sécurité d’Israël ».
Toujours mardi, les forces israéliennes ont ouvert le feu avec des mitrailleuses depuis la position de Samaka sur les hauteurs contestées du village de Kfarchouba (Hasbaya), indique notre correspondant. Dans la Békaa, des drones israéliens ont survolé le versant est des chaînes de l’Anti-Liban et du Mont-Liban mardi matin, selon notre correspondante Sarah Abdallah. Des survols ont également été signalés au-dessus de Beyrouth dans la journée.
Frappe à Aïtaroun
Alors que les regards étaient tournés vers la visite du pape Léon XIV, qui s'est achevée mardi par une grande messe sur le front de mer de Beyrouth, la nuit a été troublée dans le Sud du pays. Un drone israélien de type quadcopter est parti vers 1h du matin de la zone de Jabal al-Batt en territoire libanais pour lancer une bombe sur un quartier de Aïtaroun, dans le caza de Bint Jbeil, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah.
Au terme de sa visite de trois jours au Liban, le pape Léon XIV est arrivé à Rome mardi à 15h57, heure locale. Interrogé par la chaîne libanaise LBCI sur « la transmission du cri des Libanais à Donald Trump pour mettre fin aux agressions israéliennes », il a déclaré : « Je me suis entretenu et je continuerai de m’entretenir, avec les dirigeants pour instaurer la paix », rapporte la chaîne.
Depuis l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël du 27 novembre 2024, qui a mis fin à près de 13 mois de combats, l’armée israélienne a violé l’accord à plus de 12 000 reprises — quasiment chaque jour — par des incursions, des frappes aériennes, des tirs d’artillerie, des dynamitages de bâtiments, des tirs sur des civils, des enlèvements, et en continuant d'occuper plusieurs positions en territoire libanais. Elle accuse le Hezbollah de chercher à se reconstruire, alors qu'il doit, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu, être totalement désarmé. Si le parti chiite accepte de remettre son arsenal à l'armée libanaise dans la zone du sud du Litani, il refuse de le faire à l'échelle de tout le pays. Ces attaques israéliennes ont connu une escalade le 23 novembre avec un bombardement dans la banlieue sud de Beyrouth, le premier depuis juin 2025, dans lequel a été tué Haïtham Ali Tabatabaï, chef d'état-major du parti chiite.




Compte tenu des évènements on est plus disposés à croire le voisin plutôt que la milice. A quoi servirait tout cet ammonium de malheur sinon aux terroristes qui l’utilisaient. En ces temps le port était sous la dépendance totale de nasrallah et de son bon ami bachar , tous deux grands consommmateurs de ce genre de charcuterie. L’un est mort et enterré et l’autre a honteusement fui. Pour la mémoire des innocents morts à cause de ces assassins, la justice libanaise doit enfoncer le clou.
07 h 28, le 04 décembre 2025