Le secrétaire général du Hezbollah lors de son discours du 28 novembre 2025 retransmis par la chaîneaAl-Manar. Capture d’écran
Pour sa première prise de parole depuis la mort de Haytham Tabatabaï, ancien chef d’état-major du Hezbollah tué par une frappe israélienne dimanche dernier dans la banlieue sud de Beyrouth, Naïm Kassem a déclaré que le parti avait « le droit de riposter », mais qu'il « décidera du timing », répondant ainsi directement à une question restée en suspens ces derniers jours, et signifiant par là qu'une riposte n'est pas nécessairement imminente.
« Qu’allons-nous faire après cet assassinat ? J’ai écrit l’expression pour qu’elle ne soit ni extrapolée ni changée, il faut qu’elle soit transmise telle quelle. Et c’est : Nous rejetons cette agression et ce crime horrible, il est de notre droit de riposter, et nous déciderons du timing », a plus précisément déclaré le secrétaire général du parti chiite, lors d'un discours prononcé en début de soirée pendant une cérémonie organisée en l'honneur des cinq membres tués par la frappe de dimanche, retransmise par al-Manar et organisée au lendemain du premier anniversaire de la trêve fragile conclue entre le parti chiite et Israël. Il a aussi assuré que le parti se remettrait de la perte de Haytham Tabatabaïm dont il a loué le parcours et les accomplissements.
Ce cessez-le-feu a été une nouvelle fois violé par une frappe d'un drone israélien qui a visé une camionnette cet après-midi dans la localité de Kantara (caza de Marjeyoun), tuant son conducteur dans le véhicule qui a pris feu. Toujours dans l'après-midi, l’artillerie israélienne a tiré plusieurs obus sur les environs de Labbouné, au sud-est de Naqoura, dans le caza de Tyr, ainsi que sur la périphérie de Blida et Aïtaroun (Bint Jbeil). Dans la matinée, un drone israélien a largué des explosifs sur une maison inhabitée de Houla (Marjeyoun). Israël justifie ces violations, qui s’accompagnent d’une occupation de son armée sur plusieurs sites au Liban-Sud, en pointant du doigt le fait que le Hezbollah n’a toujours pas remis ses armes à l’État libanais.
« Menaces d’une grande guerre »
Le successeur de l'ancien chef emblématique du parti, Hassan Nasrallah, tué lui aussi dans une frappe israélienne le 27 septembre 2024, a assuré que sa position n’avait pas changé. « Nos armes ne sont pas le problème puisqu’elles ont gardé le Liban libre pendant 44 ans », a enchaîné Naïm Kassem, répétant que le parti est « prêt à discuter une stratégie de défense, mais pas sous pression israélienne ou d’annulation de l’accord de trêve ». Une affirmation aussi bien adressée à Tel-Aviv qu’au gouvernement libanais ainsi qu’aux partis qui militent pour son désarmement au Liban. « Les serviteurs d’Israël au Liban, je les vois comme minoritaires, mais ils jouent un rôle négatif », a-t-il lancé.
Il a aussi écarté les menaces d’une nouvelle flambée de violence généralisée brandies par Israël si le parti ne rend pas les armes avant le début de l’année prochaine. « La priorité actuellement est à la souveraineté et à la libération », a-t-il affirmé, qualifiant « les menaces d’une grande guerre » de « pression politique ».
« Je vous dis que cette menace ne change rien. Est-elle réelle ? Jusqu’à présent, non. Il est possible qu’il y ait une guerre à terme ; les deux options sont possibles. Israël fait ses calculs, mais sait qu’avec un tel peuple et une telle résistance, il n’y a pas de possibilité de vaincre. Nous sommes un peuple qui ne connaît ni l’échec ni la reddition. Israël ne veut pas seulement nous combattre, mais commettre un génocide. Écoutez le ministre israélien de la Défense, Katz, qui parle de Grand Israël », a-t-il ajouté.« Nous n’abandonnerons pas notre dignité, prenez tous une décision courageuse de préserver la dignité. Nous resterons libres sur notre terre et n’accepterons pas qu’Israël décide de notre sort », a-t-il encore lancé, exigeant une nouvelle fois le retrait israélien du Liban-Sud avant toute forme de changement de paradigme.
Il a également critiqué l’efficacité du « mécanisme » (le nom du comité de surveillance du cessez-le-feu, NDLR), qu’il a qualifié de « garde-frontières » et mis en avant l'occupation d'une partie du sud de la Syrie par Israël depuis la chute de Bachar el-Assad pour justifier le maintien des armes du parti. « Les compromis encouragent l’ennemi », a-t-il dit.
Le secrétaire général du Hezbollah a aussi critiqué l'incapacité selon lui du gouvernement à « protéger » et « libérer » le Liban-Sud, estimant que c'est la force du parti qui a poussé Israël a négocier la trêve de novembre 2024. « Tout le Liban est responsable de la défense du pays, et en premier lieu le gouvernement parce qu’il a approuvé cet accord et a dit qu’il voulait avoir l’initiative de la défense du Liban. Je lui dis : tu ne peux pas prendre ces droits sans accomplir ton principal devoir, celui de protéger les citoyens », a-t-il ajouté.
Lettre au pape
Enfin, le chef du Hezbollah s'est félicité de la visite au Liban du pape Léon XIV, précisant qu'il avait demandé à des membres de son mouvement de lui faire parvenir une lettre pour l'occasion, qui sera aussi publiée dans les médias.
Après la Turquie, pays majoritairement musulman où il a évoqué l'importance du dialogue interconfessionnel, Léon XIV doit se rendre, de dimanche à mardi, au Liban pour une visite très attendue. Il doit notamment célébrer une messe en plein-air sur le front de mer à Beyrouth devant environ 120 000 personnes.
« Cette visite intervient à un moment charnière. Nous prions pour que le Saint Père contribue à propager la paix au Liban, à libérer le pays, et à mettre un terme à l'agression (israélienne, ndlr); pour qu'il se tienne debout, comme nous savons qu'il sait le faire, pour les opprimés », a affirmé Naïm Kassem.


Tu sais quoi Cheikh Naim,? Il faut que l'armée se retire du sud et te laisse seul et tes voyous face aux Israéliens. Tu pourras avec eux faire ce que tu veux mais sans nous. Le Hezballah engage et continue d'engager le Liban dans ses propres aventures inconsidérées et puis exige (en gardant son pistolet sur la tempe des autres libanais) qu'ils le soutiennent , reconstruisent, refinancent ses armes...Ça s'appelle soit du racket, soit un comportement mafieux.
19 h 32, le 29 novembre 2025