Des soldats de l’armée libanaise bloquant le périmètre autour de l’immeuble visé dans la banlieue sud de Beyrouth, dimanche 23 novembre 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour)
Le président du Parlement, Nabih Berry, a déclaré à al-Joumhouria que la nature de la frappe menée dimanche par l’armée israélienne dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth laisse craindre une escalade des hostilités israéliennes contre le Liban.
Pour la première fois depuis juin, Israël a ciblé un quartier de la banlieue sud, fief du Hezbollah, tuant Haytham Ali Tabatabaï, présenté comme le chef d’état-major du mouvement chiite. Quatre autres membres du parti ont perdu la vie.
« La nature de cette nouvelle attaque laisse présager une intensification du rythme et de l’ampleur de l’escalade israélienne dans les semaines à venir, sans aucune intervention sérieuse pour l’endiguer de la part du comité du « mécanisme » (le comité de surveillance du cessez-le-feu conclu en novembre 2024, NDLR), qui se contente de surveiller l’armée libanaise tout en fermant les yeux sur les violations répétées par l’armée israélienne de l’accord de cessation des hostilités », a déclaré le président du Parlement. Le comité est composé du Liban, de la France, des États-Unis, d’Israël et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
« Le plus grave dans l’attaque israélienne contre Haret Hreik dimanche, c’est qu’elle a replacé la banlieue sud et Beyrouth dans le cercle des objectifs israéliens. Il s’agit d’un développement extrêmement dangereux qui montre qu’il n’existe aucune garantie réelle de protection de la capitale et de ses faubourgs, compte tenu de la liberté d’action de l’ennemi, qui se permet de violer le Liban sans aucune contrainte », a ajouté Nabih Berry.
Il a également exprimé son étonnement face aux déclarations du leader des Forces libanaises, Samir Geagea, concernant la dernière attaque contre la banlieue sud, « au moment où nous avons un besoin urgent d’unité, car la cohésion interne est l’arme la plus importante et la plus efficace pour faire face à la menace israélienne ». À la suite de l’attaque contre la banlieue sud, Samir Geagea — farouche opposant au Hezbollah — avait appelé à l’établissement « d’un véritable État au Liban, un État qui détienne le monopole des armes ».
Concernant l’initiative égyptienne visant à éviter une escalade au Liban, Nabih Berry a déclaré : « Nous attendrons de voir ce que le ministre égyptien des Affaires étrangères apportera avec lui lors de sa visite à Beyrouth », qui débute en principe mercredi.
Il s’est également exprimé sur la loi électorale concernant les Libanais de la diaspora, déclarant que « la loi actuellement en vigueur est celle qui s’appliquera ». Le président refuse catégoriquement d’inscrire à l’ordre du jour d’une séance plénière un amendement à la loi électorale envoyé par le gouvernement au Parlement, un texte qui permettrait à la diaspora de voter pour l’ensemble des 128 députés, alors que l’article 112 de la loi actuelle limite leur vote à seulement six sièges dédiés. Il a souligné que l’octroi du statut d’urgence au projet de loi présenté par le gouvernement « n’est rien d’autre qu’un scandale flagrant ».

