Un drapeau libanais à un carrefour sur la route de Mansourieh (Metn). Photo Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), les États-Unis et la France ont affiché samedi leur soutien au Liban à l’occasion du 82e anniversaire de l’indépendance du pays.
« En ce 82e anniversaire de l’indépendance du Liban, la Finul reste engagée à soutenir l’armée libanaise, notre partenaire privilégié pour renforcer la stabilité dans le Sud. Son redéploiement complet dans le Sud du Liban est essentiel pour étendre l’autorité de l’État », a écrit sur X le chef de mission et commandant en chef de la Finul, Diodato Abagnara.
Les troupes libanaises sont chargées de désarmer les milices, en particulier le Hezbollah, qui a été affaibli lors de son dernier conflit avec Israël. Cette mission a débuté au sud du fleuve Litani, où le Hezbollah n’a pas fait obstacle au démantèlement de ses infrastructures. Toutefois, le parti chiite refuse d’abandonner ses armes ailleurs au Liban, où le désarmement sous la conduite de l’armée devrait commencer au début de l’année 2026.
Pour sa part, l’ambassade des États-Unis à Beyrouth indiqué sur X que le secrétaire d’État Marco Rubio « adresse ses vœux les plus sincères et ses félicitations chaleureuses au peuple libanais à l’occasion du 82e anniversaire de l'indépendance ». « Cette année, le gouvernement libanais a pris des mesures courageuses pour promouvoir un avenir meilleur pour le peuple libanais. Les États-Unis continueront de se tenir aux côtés du Liban alors que nous œuvrons ensemble à la promotion de la stabilité et de la prospérité économique au Liban et dans toute la région », a ajouté M. Rubio, cité par l'ambassade.
Le président Joseph Aoun s’est également adressé à la nation vendredi soir, affirmant que le Liban est prêt à s’engager pleinement et efficacement dans le processus de paix. « Le Liban est prêt à négocier, sous l’égide américaine, internationale ou conjointe américaine et internationale, tout accord visant à mettre un terme définitif aux agressions (israéliennes) transfrontalières », a-t-il déclaré.
À cette occasion, le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, a déposé samedi une gerbe de fleurs sur le monument aux morts de l'armée au ministère de la Défense nationale, en reconnaissance de leurs sacrifices pour préserver l'unité, la souveraineté et l'indépendance du Liban.
« La France se tient à vos côtés »
De son côté, l'ambassadeur de France à Beyrouth, Hervé Magro, a souhaité aux Libanais une bonne fête de l'Indépendance. «Bonne fête de l'Indépendance aux Libanaises et Libanais qui, au Liban comme de par le monde, gardent l’espoir de voir leur pays se redresser et retrouver sa pleine souveraineté. La France se tient à vos côtés sur ce chemin vers un avenir stable et prospère, et un État fort pour tous», a-t-il souligné sur X.
Lors d’une visite au commandement du secteur du sud du Litani, à la caserne Benoît Barakat à Tyr vendredi, le président Joseph Aoun a exprimé l’espoir que « d’ici la prochaine fête de l’Indépendance, l’ensemble du Sud aura été libéré et seuls les drapeaux libanais flotteront le long de la frontière ». Il a aussi salué « le rôle distingué de l’armée stationnée dans le Sud en général, et dans le secteur Sud-Litani en particulier », rendant hommage aux 12 soldats tombés depuis le début du plan de sécurité.
Les célébrations de cette année ont été annulées en raison de la poursuite des violations du cessez-le-feu par Israël et d’attaques quasi quotidiennes contre le Sud du Liban. Les festivités n’avaient pas non plus eu lieu en 2024 à cause d’un conflit à grande échelle du parti chiite avec Israël. En 2022 et 2023, les événements de la fête de l’Indépendance avaient été annulés alors que le pays était sans président après la fin du mandat de Michel Aoun, jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’État en janvier 2025.
Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar, qui célèbre la fête de l’Indépendance à Paris où il rencontre nombre d'officiels français, a rendu hommage aux « martyrs », rappelant son engagement auprès de l’État. « Nous renouvelons notre engagement à préserver la sécurité, consolider la stabilité, étendre l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire par ses propres moyens, et à libérer chaque centimètre carré de la patrie », a-t-il écrit sur X.
De son côté, le ministre de l'Information Paul Morcos a « renouvelé son engagement envers la mission de l'État et des institutions, ainsi qu'envers les Libanais qui ont droit à une patrie à la hauteur de leurs sacrifices », appelant à faire « de l'unité une force, de la liberté une responsabilité, et des médias un espace qui rassemble et ne divise pas ».
« Retrouver l’indépendance nécessite une décision unifiée de l’Etat »
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil s'est aussi exprimé sur la fête de l'Indépendance. « Retrouver l’indépendance nécessite une décision unifiée de l’État, pour que l’armée jouisse du monopole des armes, pour protéger la stabilité avec des garanties internationales, mener à bien les réformes, maintenir la neutralité du Liban dans les conflits (…) et pour un esprit d’indépendance. Soutien total à notre armée qui protège notre indépendance ! », a-t-il souligné sur X.
L’ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a salué, en ce jour d'indépendance, la vision claire du chef de l’État après ses déclarations vendredi depuis le Liban-Sud. « Depuis Tyr, le président de la République Joseph Aoun a présenté une vision claire de la libération du Sud, de la souveraineté de l'État et du monopole des armes. Depuis Tyr, le président de la République a établi la meilleure voie et la meilleure vision pour l’avenir », a souligné le leader druze sur X.
« Qui décide de l’avenir du Liban, son État ou ceux qui portent les armes », demande l'armée israélienne
L’armée israélienne s'est invitée dans les commentaires sur la fête de l’Indépendance du Liban, demandant « qui décide de l’avenir du Liban, son État ou ceux qui portent les armes ? ».
« Les hommes de l'indépendance ont conquis leur liberté de leurs propres mains, défiant le mandat français, pour transformer le Liban en un paradis oriental, symbole de l'art et de la culture, de la liberté et de la créativité, le Liban dont les Libanais sont fiers, comme le dit la chanson de Assi el-Hellani. Mais aujourd'hui, sous l'emprise du Hezbollah, le Liban est devenu un champ de bataille, dominé par ceux qui possèdent les armes et par le terrorisme », a souligné sur X le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee. Et de demander aux Libanais quel Liban ils veulent. « Quel Liban voulez-vous ? Le Liban d'hier, rayonnant, libre, créatif (...) ou le Liban d'aujourd'hui, assiégé et impuissant ? Le choix vous appartient », a ajouté le communiqué.
Pour l'occasion, le porte-parole a publié une caricature, affirmant que le Hezbollah était le souverain du pays. « Si l'indépendance est dépourvue de souveraineté, alors qui décidera de l'avenir du Liban : l'État ou ceux qui brandissent les armes contre lui ? », a écrit le LCol Adraee. La caricature montre un homme tenant un drapeau sur lequel est inscrit « Bonne fête de l'indépendance », tandis qu'un milicien du Hezbollah se tient à ses côtés en disant : « Qui est indépendant quand nous sommes là ? ».


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
LOL
07 h 21, le 23 novembre 2025