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Pour Salam, le Liban « n’a plus le luxe de gaspiller du temps et des opportunités »


Pour Salam, le Liban « n’a plus le luxe de gaspiller du temps et des opportunités »

Le Premier ministre Nawaf Salam au palais présidentiel de Baabda, peu avant la séance du Conseil des ministres du 5 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le Premier ministre Nawaf Salam a averti vendredi que le Liban « n’a plus le luxe de gaspiller du temps et des opportunités » après en avoir déjà laissé échapper plusieurs d'entre elles, notamment en n'appliquant pas les dispositions de l'accord de Taëf. Un appel lancé alors que les autorités libanaises doivent toujours lancer une série de réformes pour se sortir de la crise et se sont engagées à récupérer le monopole des armes aux mains de l'État.

Intervenant lors de sa participation au patronage à un colloque sur la « Citoyenneté responsable » au Palais de l’Unesco, à Beyrouth, le président du Conseil a affirmé qu’« un avenir meilleur pour cette nation se bâtit sur une nouvelle culture politique, fondée sur le rejet de la violence et sur l’acceptation de l’autre », tout en ajoutant qu'« entre la responsabilité de l’État et celle du citoyen, une relation fondée sur un partenariat sincère qui rétablit la confiance perdue doit s'instaurer ». Le Premier ministre a souligné qu’« un État n’est pas gouverné par la peur mais par la confiance », estimant que malgré le fait que le Liban ait manqué de nombreuses opportunités, « il possède toujours les éléments de force nécessaires pour se relever ». Il a cité, parmi ces occasions manquées par le Liban, l'accord de Taëf, le retrait d'Israël du Liban-Sud en 2000 et la gestion de l'État après le retrait de l'armée syrienne du Liban en 2005.

L’accord de Taëf, signé en octobre 1989 en Arabie saoudite pour mettre fin à la guerre civile (1975–1990), définit un plan visant à restaurer la pleine souveraineté de l’État sur son territoire. Il exige que l’État libanais reprenne le contrôle sur l’ensemble de son territoire à travers son armée et impose la dissolution de toutes les milices ainsi que la remise de leurs armes à l’État libanais dans un délai de six mois. Ces mesures n’ont toutefois jamais été pleinement mises en œuvre. En 2000, lorsqu'Israël s'est retiré du Sud, l'armée libanaise aurait dû y être déployée, mais l’inertie politique et l’influence de Damas l’en ont empêchée. Le Hezbollah a comblé ce vide et a pris le contrôle de la zone, retardant davantage la mise en œuvre de Taëf.

Les autorités libanaises se sont toutefois désormais engagées à désarmer toutes les milices, le Hezbollah en tête, et ont commencé à démanteler ses infrastructures dans le Sud, ce à quoi le parti chiite ne s’est pas opposé jusqu’à présent. L’armée libanaise agit sur base d'un plan, qui a reçu le soutien du gouvernement début septembre, selon lequel elle doit, après la zone au sud du Litani, désarmer le parti-milice dans le reste du pays, une perspective que le principal concerné rejette catégoriquement.

L'appel de M. Salam à ne plus perdre de temps intervient également alors qu'il pousse, avec le président libanais Joseph Aoun, à des négociations avec Israël pour un retrait des positions encore occupées dans le Sud, l'arrêt des frappes quasiment quotidiennes sur le pays, la délimitation de la frontière terrestre entre les deux pays et la libération des prisonniers libanais. Des pourparlers pour lesquels il a encore insisté jeudi dans un entretien avec l'agence Bloomberg, reprochant à Tel-Aviv d'ignorer la demande de Beyrouth.

Le Premier ministre Nawaf Salam a averti vendredi que le Liban « n’a plus le luxe de gaspiller du temps et des opportunités » après en avoir déjà laissé échapper plusieurs d'entre elles, notamment en n'appliquant pas les dispositions de l'accord de Taëf. Un appel lancé alors que les autorités libanaises doivent toujours lancer une série de réformes pour se sortir de la crise et se sont engagées à récupérer le monopole des armes aux mains de l'État.Intervenant lors de sa participation au patronage à un colloque sur la « Citoyenneté responsable » au Palais de l’Unesco, à Beyrouth, le président du Conseil a affirmé qu’« un avenir meilleur pour cette nation se bâtit sur une nouvelle culture politique, fondée sur le rejet de la violence et sur l’acceptation de l’autre », tout en ajoutant...