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Appels à la solidarité avec l'armée pour une commémoration de l'Indépendance assombrie par les frappes israéliennes

Le Hezbollah appelle les autorités à des « mesures concrètes » pour la reconstruction du Sud.

Appels à la solidarité avec l'armée pour une commémoration de l'Indépendance assombrie par les frappes israéliennes

Des drapeaux libanais installés sur la façade du Grand Sérail, dans le centre-ville de Beyrouth, le 21 novembre 2025. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

À la veille du 82e anniversaire de la fête de l’Indépendance, comme le veut la tradition, plusieurs responsables libanais ont rendu hommage à des figures considérées comme « pères de l’indépendance » en fleurissant leurs tombes. Un rituel annuel, maintenu alors que la parade militaire traditionnelle est annulée pour la troisième année consécutive, qui intervient à l'heure où le Liban-Sud est toujours sous le feu israélien et partiellement occupé.

Au centre des discours et prises de parole lors de cette commémoration particulière, les responsables politiques et religieux ont principalement appelé les Libanais à resserrer les rangs et à se tenir solidaires de l'armée libanaise qui doit se déployer dans le Sud et désarmer le Hezbollah.

De son côté, le Hezbollah a appelé les autorités libanaises à prendre des «mesures concrètes» pour la reconstruction du Sud dévasté par la guerre qui a opposé le parti chiite à Israël entre octobre 2023 et novembre 2024, à renforcer « l'unité nationale », rejeter « toute forme de tutelle ou d'injonctions extérieures » et à ne pas « renoncer aux éléments de force » du pays.

Le parti-pro-iranien a aussi réclamé que « tous les efforts soient déployés » pour contraindre Israël à appliquer l'accord de trêve du 27 novembre 2024 et la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.

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Conformément au programme établi par la présidence de la République, une quinzaine de tombes ont été fleuries par des ministres et députés représentant le chef de l'État au cours des dernières heures, alors que Joseph Aoun est en tournée dans le sud du Liban. C'est dans ce cadre notamment que le ministre de l’Information, Paul Morcos, a honoré la mémoire du président Béchara el-Khoury devant sa statue sur l’avenue éponyme à Beyrouth. Au Liban-Sud, le ministre du Travail, Mohammad Haïdar, s’est rendu au cimetière de Saïda, pour rendre hommage à Adel Osseiran. À Ehden, le député Tony Frangié a fait de même en se recueillant sur la tombe de l’ancien ministre Hamid Frangié, tandis que le député Kassem Hachem, représentant le président Aoun, a visité la tombe de Adnan Hakim dans le quartier de Bachoura, dans le sud de Beyrouth.

Les Libanais « tous derrière l'armée »

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé que « l’État a failli à ses responsabilités envers les citoyens depuis de nombreuses années ». Et qu’aujourd’hui, 80 ans après l’Indépendance du Liban, il est largement le temps qu’il « renoue les liens rompus » avec l’intérêt public, la Constitution et les droits des citoyens.

« Quatre-vingts ans après l'indépendance, ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est de renouer les liens qui ont été rompus : reconnecter l'État à la notion d'intérêt public qu'il doit incarner, reconnecter la Constitution à ses institutions et reconnecter les citoyens à leurs droits, a-t-il souligné sur X. Un État qui exige de ses citoyens le respect de la loi doit être le premier à la respecter. Et un État qui demande la confiance de son peuple doit disposer d'institutions dignes de cette confiance ».

Le Premier ministre a regretté comment face à l’effondrement de la monnaie nationale et la dégradation des services publics, l’État a abandonné les citoyens à leur sort. « L’État a tardé à protéger ses citoyens, a hésité à appliquer la Constitution, a cédé aux pressions extérieures et laissé les inégalités se creuser », a-t-il observé, dans une volonté « d’assumer » ses responsabilités et non pas de s’y « dérober ».

« Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre du temps et de gâcher nos chances, a conclu M. Salam. Nous en avons déjà assez perdu, mais notre pays possède encore des atouts qui lui permettent de se relever, notamment des énergies humaines exceptionnelles, une expérience unique de la modernité et une culture sociale caractérisée par l'ouverture et l'esprit d’initiative ».

« Nous ne serions jamais parvenus à cette indépendance sans de grands sacrifices. Nous devons honorer les âmes des martyrs : celles des militaires de l’armée libanaise, des hommes de l’indépendance, et de tous les Libanais qui ont donné leur vie pour la patrie », a déclaré à cette occasion le parlementaire proche du président de la Chambre Nabih Berry. Il a dit attendre «le moment où nous accomplirons l’indépendance totale, une fois l’ennemi israélien repoussé et son occupation levée de notre terre». Et d’ajouter : « L’unité de position est ce qui protège le pays, ce qui dissuade l’ennemi et ceux qui le soutiennent. En ce jour, nous devons nous tenir aux côtés de l’armée nationale. Les Libanais, quelles que soient leurs appartenances, se tiennent tous derrière l’armée ». Un nouvel appel de solidarité, à l'instar de ceux lancés ces derniers jours par le président Aoun, M. Berry et de nombreux leaders politiques, alors que la troupe est accusée par les États-Unis de ne pas désarmer assez vite le Hezbollah.

Le mufti de la République, Abdel Latif Deriane, a quant à lui estimé que « notre indépendance a besoin d’une attention particulière, alors que l’agression sioniste contre le Liban se poursuit ». Il a salué « le travail acharné du gouvernement et de son président pour repousser l’occupation du territoire par des moyens diplomatiques, en coopération avec la communauté internationale, ainsi que le déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire afin d’étendre l’autorité de l’État ».

« Le Liban d'abord »

Le général Edgar Lawandos, directeur de la Sécurité de l’État, a pour sa part affirmé que « protéger les citoyens et préserver leur dignité est un devoir essentiel, au même titre que la lutte contre la corruption et le crime ». S’adressant aux agents de la Sécurité de l’État, il a souligné que leur devoir « est de se tenir aux côtés de leurs camarades de l’armée libanaise et des autres institutions sécuritaires pour protéger la paix civile et défendre la patrie avec force et conviction ».

L’ancien Premier ministre Saad Hariri a de son côté appelé à « renouveler l’engagement envers le principe du 'Liban d’abord' comme choix pratique, et non simple slogan, dans la crise profonde que traverse le pays ». Il a exprimé l’espoir que « la prochaine fête de l’indépendance apportera davantage de sécurité et de stabilité au Liban », estimant que « la décision de guerre et de paix doit rester exclusivement entre les mains de l’État ». « La responsabilité de défendre le pays, de faire appliquer la loi et d’assurer la stabilité incombe à l’armée et aux forces de sécurité, en tant qu’institutions habilitées à exercer ces missions », a-t-il ajouté alors que début août, le gouvernement libanais avait pris la décision de consacrer le monopole d’État sur les armes, ce qui implique le désarmement du Hezbollah, et celui-ci refuse de remettre son arsenal.

À la veille du 82e anniversaire de la fête de l’Indépendance, comme le veut la tradition, plusieurs responsables libanais ont rendu hommage à des figures considérées comme « pères de l’indépendance » en fleurissant leurs tombes. Un rituel annuel, maintenu alors que la parade militaire traditionnelle est annulée pour la troisième année consécutive, qui intervient à l'heure où le Liban-Sud est toujours sous le feu israélien et partiellement occupé.Au centre des discours et prises de parole lors de cette commémoration particulière, les responsables politiques et religieux ont principalement appelé les Libanais à resserrer les rangs et à se tenir solidaires de l'armée libanaise qui doit se déployer dans le Sud et désarmer le Hezbollah.De son côté, le Hezbollah a appelé les autorités libanaises à...