Le président libanais Joseph Aoun arrivant à une réunion du Conseil des ministres à Baabda, le 5 août 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Lors de cette réunion, le gouvernement a approuvé la majorité des points à son ordre du jour, comme l'a confirmé le ministre de l'Information, Paul Morcos, lors d'un point presse. Parmi les dossiers les plus importants, le cabinet a rendu un avis positif sur la proposition de loi d'abolir la peine de mort présentée par plusieurs députés issus de la contestation. Cet avis n'est pas contraignant. La question de l'exploitation des carrières de la Cimenterie nationale dans le Koura (Nord), qui avait provoqué la colère des habitants de la région, a, elle, été reportée pour au moins trois semaines, le temps que plusieurs des ministres concernés ne préparent un rapport sur l'impact environnemental de l'octroi d'une licence, selon les décisions du Conseil obtenues par L'Orient-Le Jour.
Dans son discours au début de la séance, le président Aoun est revenu sur une série de dossiers ayant agité l'actualité nationale au cours des derniers jours. Il a commencé par salué l'organisation des conférences internationales au Liban, notamment la conférence Beirut One - organisée par le ministère de l’Économie et le Conseil économique, social et environnemental - réunissant hommes d’affaires internationaux, responsables gouvernementaux, institutions économiques et délégations du Golfe pour attirer des capitaux d’investissement au Liban. « Nous espérons qu'elles seront de bon augure pour le pays et apporteront chance et réussite. C’est là la véritable réponse à certains mauvais esprits qui s’acharnent à ternir l’image du pays et refusent de reconnaître l’existence d’un État qui œuvre à son redressement », a déclaré M. Aoun. Il est allé plus loin en précisant qu'il « existe trois types d’opposants : ceux qui ne veulent pas travailler, ceux qui souhaiteraient faire votre travail à votre place, et ceux qui agissent à l’inverse de ce que vous entreprenez ». Le chef de l’État est également revenu sur l’opération menée à Baalbeck contre des trafiquants de drogue, qui a coûté la vie à deux soldats mardi. « Ces confrontations ne détourneront ni l’armée ni les services de sécurité de leur devoir : poursuivre la lutte contre ce fléau dangereux », a-t-il assuré.
Le chef de l’État est également revenu sur l’opération menée à Baalbeck contre des trafiquants de drogue, qui a coûté la vie à deux soldats mardi. « Ces confrontations ne détourneront ni l’armée ni les services de sécurité de leur devoir : poursuivre la lutte contre ce fléau dangereux », a-t-il assuré.
M. Aoun a par ailleurs évoqué une étude du directeur général des Chemins de fer et du Transport collectif sur un projet de liaison ferroviaire entre Beyrouth, la Békaa et Tripoli, estimant qu’elle mérite un « suivi sérieux » et pourrait « inaugurer une nouvelle phase pour le transport public au Liban, notamment avec les projets en préparation dans la région, dont la ligne reliant l’Inde à l’Arabie saoudite ».
À deux jours du 82e anniversaire de l'indépendance du pays, le chef de l'État, qui doit adresser un discours à la nation vendredi soir, a exprimé l'espoir que «l’année prochaine, cette fête aura lieu sans qu’aucune parcelle de territoire libanais ne soit occupée». Nous avons préféré ne pas organiser de célébrations ni de défilé militaire à cette occasion, compte tenu des circonstances que traverse le pays », a-t-il souligné. Il a également demandé que soient commémorés les « 14 enfants tombés sous les balles du mandat français, alors qu’ils manifestaient pour réclamer l’indépendance », affirmant qu’ils seront mentionnés dans son allocution car « ils ont droit au même hommage que les figures principales de l’indépendance ».
Lever l'embargo saoudien
Le président a enfin remercié toutes les personnes qui préparent la visite du Pape Léon XIV au Liban à la fin du mois, un événement « national majeur qui concerne l’ensemble des Libanais, d’autant que Sa Sainteté a choisi le Liban comme première destination en dehors du Vatican, après la Turquie »
Le chef du gouvernement Nawaf Salam a de son côté affirmé que « le Liban avait répondu aux observations formulées par Riyad concernant la levée de l’embargo sur les exportations », et a demandé d’en suivre la mise en œuvre afin «d’accélérer le processus». Il a également indiqué avoir informé la délégation saoudienne accompagnant le prince Yazid ben Farhane, lors de sa visite au Liban, de « l’installation achevée des scanners au port de Beyrouth » et « des travaux en cours pour en installer un au poste-frontière de Masnaa », estimant que « ces mesures constituent un élément encourageant pour une décision saoudienne de lever l’embargo ».
Selon le compte rendu de la réunion publié par Baabda, l’installation des scanners au port de Beyrouth a également été abordée par les ministres. Plus tôt dans la journée, le ministre des Finances Yassine Jaber et le ministre des Travaux publics et des Transports Fayez Rassamny se sont rendus au port pour prendre connaissance des scanners récemment installés. « Ces nouveaux scanners peuvent inspecter jusqu’à 100 conteneurs par heure, contre seulement 40 par jour avec les équipements actuels. Même en traitant 50 à 60 conteneurs, le gain est considérable, accélérant le dédouanement et assurant la traçabilité des marchandises. Bientôt, un programme d’intelligence artificielle permettra d’analyser et de conserver les images pendant six mois et d’envoyer leur copie aux pays destinataires », a déclaré M. Jaber lors d’une conférence de presse.
Parmi les autres points cités par le communiqué publié par la présidence à l’issue de la réunion du gouvernement, le Conseil des ministres a en outre approuvé la nomination d'Antoine Maakaroun comme président du conseil d’administration et directeur général de l’Office des eaux de la Békaa ».
À l’issue du Conseil des ministres, M. Morcos a indiqué qu’une séance du gouvernement se tiendra au Liban-Sud, la date restant à fixer. Interrogé sur « des mesures gouvernementales susceptibles d’être prises pour réorganiser les relations avec les Américains », après l’annulation du programme de la visite aux États-Unis du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, l’administration Trump reprochant à la troupe de tergiverser pour démanteler l’arsenal du Hezbollah, M. Morcos a affirmé : « Le sujet a été abordé et relève de la compétence du président et de la direction de l’armée, et des mesures sont en cours ».


Mon général, Bonsoir. Laisserais vous longtemps jaser ceux qui vous dénigrent. Vous avez la conscience tranquille. Pensez à l’intégrité du Liban d’abord et laissez le soin à vos ministres de remplir leurs devoirs consciencieusement. Et à vous de signer les décrets que vous jugerez nécessaires. Le peuple a les yeux rivés sur vous. Vous êtes l’emblème de la loyauté envers le Liban. Le drapeau libanais représente tous les libanais en un seul peuple, même si l’opinion varie, chacun peut avoir sa libre expression, mais une expression polie, sensée, loyale et démocratique.
22 h 11, le 21 novembre 2025