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« Impunité », « torture » : Tom Fletcher alerte sur les atrocités commises au Soudan


Le drapeau des Nations unies flotte alors que Tom Fletcher, le chef des opérations humanitaires de l'ONU, s’exprime lors d’un entretien accordé à Reuters au sujet du conflit au Soudan, dans les bureaux des Nations unies à N’Djamena, au Tchad, le 18 novembre 2025. Photo Amr Abdallah DALSH / Reuters

Les atrocités commises lors de la prise par les paramilitaires de la ville d'El-Facher, située dans l'ouest du Soudan déchiré par la guerre, ont été perpétrées avec « un sentiment d'impunité totale », a déploré auprès de l'AFP le chef des opérations humanitaires de l'ONU.

Après une visite dans la région du Darfour, où est situé El-Facher, Tom Fletcher a affirmé avoir « entendu de nombreux témoins, de nombreux survivants de cette violence brutale ». « Leurs récits étaient horribles à entendre. Il y a un sentiment d'impunité totale derrière ces atrocités. Des exécutions massives, des violences sexuelles à grande échelle, des tortures », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l'AFP mardi soir dans la capitale tchadienne N'Djamena.

Le Soudan est le théâtre depuis avril 2023 d'une guerre pour le pouvoir entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par le général Mohamed Hamdane Daglo, et l'armée menée par le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays.

Fin octobre, les FSR ont parachevé leur contrôle sur le Darfour après 18 mois de siège d'El-Facher, dernier bastion de l'armée dans la région, provoquant un exode massif. « Le monde n'a pas accordé suffisamment d'attention à la crise au Darfour. Il y a trop d'indifférence et d'apathie face aux souffrances massives dont nous avons été témoins là-bas », raconte M. Fletcher. « Beaucoup de ceux qui ont tenté de s'échapper » ont « ensuite été attaqués sur la route menant à Tawila », ville refuge qui accueille actuellement plus de 650.000 civils venus d'El-Facher ou du camp de Zamzam, a-t-il ajouté, disant être « inquiet (...) pour les très nombreux survivants qui sont encore à El-Facher et qui souffrent terriblement ».

« Conversation difficile »

D'après ce responsable, l'ampleur des besoins au Darfour et au Tchad voisin, où les déplacés se sont massivement dirigés vers la frontière, est « énorme », qu'il s'agisse de soins de santé, d'abris, de nourriture ou encore d'éducation. Sa visite visait à garantir un « passage sûr » et à permettre à l'ONU d' »opérer en toute sécurité partout au Soudan », a indiqué M. Fletcher, qui était accompagné de hauts responsables de l'ONU. « Nous interviendrons dans toutes les régions du Soudan, peu importe qui les contrôle, sur la base de nos principes de neutralité, d'humanité, d'indépendance et d'impartialité », a-t-il assuré.

A Port-Soudan, capitale provisoire du pays, il a mené des discussions qu'il a qualifiées de « constructives » avec le chef de l'armée, s'accordant sur la nécessité pour l'ONU et les ONG d'opérer « pour tous ceux qui ont un besoin urgent de soutien international ». M. Fletcher s'est également entretenu par téléphone avec le commandant des FSR et a rencontré des représentants des paramilitaires au Darfour. Il dit avoir insisté sur la nécessité de « mener des enquêtes » sur les exactions dont les responsables doivent rendre des comptes, ainsi que sur l'importance de garantir « un passage totalement sûr vers El-Facher » et des garanties pour la sécurité des convois humanitaires, qui ont déjà été attaqués au Darfour. « Ce fut une conversation difficile », a-t-il confié.

Trêve

Malgré les efforts de médiation internationale, les combats se poursuivent au Darfour et dans le Kordofan voisin, y compris après l'acceptation par les paramilitaires d'une proposition de trêve présentée par les Etats-Unis, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Egypte.

Dans l'Etat du Kordofan-Nord, les habitants craignent une attaque imminente sur El-Obeid, où des frappes de drone lors de funérailles début novembre avait tué au moins 40 personnes. Les paramilitaires ont également déployé des forces dans la ville de Babanusa, noeud ferroviaire stratégique au Kordofan, promettant de « se battre jusqu'au dernier moment ».

Vendredi, en visite dans la ville d'El-Sireha, dans le centre du Soudan, le général Burhane a écarté toute perspective de négociation. La guerre au Soudan a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et déplacé des millions d'autres. Le pays est de facto divisé en deux: l'armée tient le nord, l'est et le centre, dont Khartoum, tandis que les paramilitaires contrôlent le Darfour et certaines zones du sud.

Les atrocités commises lors de la prise par les paramilitaires de la ville d'El-Facher, située dans l'ouest du Soudan déchiré par la guerre, ont été perpétrées avec « un sentiment d'impunité totale », a déploré auprès de l'AFP le chef des opérations humanitaires de l'ONU.Après une visite dans la région du Darfour, où est situé El-Facher, Tom Fletcher a affirmé avoir « entendu de nombreux témoins, de nombreux survivants de cette violence brutale ». « Leurs récits étaient horribles à entendre. Il y a un sentiment d'impunité totale derrière ces atrocités. Des exécutions massives, des violences sexuelles à grande échelle, des tortures », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l'AFP mardi soir dans la capitale tchadienne N'Djamena.Le Soudan est le théâtre depuis avril...