L’enseigne du siège — actuellement laissé à l’abandon — de l’Association des banques du Liban à Beyrouth, le 7 août 2025. Photo d’illustration Philippe HAGE BOUTROS/L’Orient-Le Jour
Des banquiers ont commencé à rapatrier une partie des fonds qui avaient été transférés en dehors du pays pendant la crise, conformément à une décision prise par le parquet financier, selon un correspondant de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Selon l'Ani, les fonds ont été transférés sur des comptes bancaires qui ont été placés sous le contrôle du Parquet financier. D'autres comptes devant accueillir des fonds dont le rapatriement est attendu ont également été ouverts.
Le procureur financier qui est à l'origine de cette procédure le juge Maher Cheaïto, n'a pas répondu à nos sollicitations. Le secrétaire général de l'Association des banques du Liban Fadi Khalaf a indiqué que l'association « n'était pas au courant ».
En août, le procureur financier a rendu une décision historique, obligeant les personnes physiques et morales – y compris des banquiers – à rapatrier vers les banques libanaises des montants équivalents à ceux transférés à l’étranger pendant la crise économique – ou après le 17 octobre 2019 –, et « dans la même devise ».
Les fonds devaient être réintroduits dans le système bancaire libanais « dans un délai de deux mois » - un délai qui a donc été dépassé si l'on s'en tient au temps écoulé depuis, et être « sous la supervision du parquet financier et conformément aux conditions qu’il fixe »
Des milliards de dollars présumés ont été transférés à l’étranger entre 2020 et 2023, bien qu’aucun chiffre précis ne soit disponible, tandis que la majeure partie des dépôts restent à ce jour bloqués illégalement dans les banques libanaises. Nommé procureur financier en juillet dernier, le juge Cheaïto a été chargé de reprendre ce dossier que son prédécesseur Ali Ibrahim avait mis de côté.


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