Vue aérienne des destructions à Gaza-Ville, le 17 novembre 2025. REUTERS/Dawoud Abu Alkas
Le Hamas a critiqué mardi l'adoption la veille par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 2803, dénonçant un « mécanisme de tutelle internationale » imposé à la bande de Gaza et une « guerre d'extermination brutale ». L'ONU a adopté lundi soir cette résolution basée sur le plan de paix de Donald Trump, prévoyant en particulier le déploiement dans l'enclave palestinienne d'une force internationale, sous la pression des États-Unis. Plusieurs fois modifiée lors de négociations sensibles, la résolution « endosse » le plan du président américain qui a permis, depuis le 10 octobre, un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas.
« La résolution instaure un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Gaza, ce que notre peuple, ses forces et ses factions refusent », souligne le Hamas dans son communiqué. Le texte américain « impose également un mécanisme destiné à atteindre les objectifs que l’occupation n’a pas réussi à réaliser par la guerre d’extermination brutale. De plus, cette résolution détache la bande de Gaza du reste de la géographie palestinienne », a ajouté le mouvement islamiste qui estime que le plan Trump « prive » les Palestiniens de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement d'un État palestinien.
« Le fait de confier à une force internationale des missions à l’intérieur de la bande de Gaza, dont le désarmement de la résistance, lui retire toute neutralité et la transforme en partie prenante du conflit au profit de l’occupation. Toute force internationale, si elle devait être mise en place, doit être stationnée uniquement aux frontières afin de séparer les forces et de superviser le cessez-le-feu, et doit être placée entièrement sous l’autorité des Nations unies », poursuit le Hamas.
Le Hamas estime par ailleurs que la résolution « n’est pas à la hauteur des revendications et des droits politiques et humanitaires de notre peuple palestinien, en particulier dans la bande de Gaza, qui a subi pendant deux années complètes une guerre d’extermination brutale et des crimes sans précédent commis par l’occupant terroriste au vu et au su du monde entier ».
Concernant son désarmement, la formation islamiste assure que cette question « doit rester une affaire nationale interne, liée à un processus politique garantissant la fin de l’occupation et l’établissement de l’État ». Le Hamas a par ailleurs rappelé que « l’aide humanitaire, l’assistance aux sinistrés et l’ouverture des points de passage constituent un droit fondamental pour notre peuple dans la bande de Gaza ». « L’aide et les opérations d’assistance ne peuvent rester soumises au chantage, à la politisation ou à des procédures complexes, dans un contexte de catastrophe humanitaire sans précédent causée par l’occupation. Cette situation nécessite l’ouverture rapide des passages et la mobilisation de toutes les ressources pour y faire face, via les Nations unies et leurs institutions, au premier rang desquelles l’Unrwa », explique-t-il.
« Nous appelons la communauté internationale et le Conseil de sécurité à restaurer la primauté du droit international et des valeurs humaines, et à adopter des décisions permettant de rendre justice à Gaza et à la cause palestinienne, en mettant fin de manière effective à la guerre d’extermination brutale contre le territoire, en engageant la reconstruction, en mettant fin à l’occupation, et en permettant à notre peuple d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’établissement de son État indépendant avec Jérusalem pour capitale », conclut le Hamas.

