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L'Organisation internationale du travail traverse une crise financière « sans précédent », selon son directeur général


Le directeur général de l'OIT, Gilbert Houngbo, le 1er juillet 2025. REUTERS/Claudia Greco//File Photo

L'Organisation internationale du travail (OIT), touchée comme beaucoup d'organisations par une réduction internationale des financements, traverse une crise financière « grave » et « sans précédent », a averti lundi son directeur général. Les Etats-Unis sont, à hauteur de 22%, le principal bailleur de fonds de l'OIT, au rôle important pour la protection des travailleurs à travers le monde. Mais Washington, en retard sur ses cotisations 2024 et 2025, doit à l'organisation plus de 173 millions de dollars, alors que Donald Trump procède depuis son retour à la Maison Blanche à d'importantes coupes dans l'aide internationale.

« La crise financière à laquelle nous faisons face est grave, elle est sans précédent si on regarde les dernières décennies, et elle affecte déjà notre capacité à répondre aux attentes de nos mandants », a déclaré le directeur général de l'OIT, Gilbert Houngbo, à l'ouverture de la 355e session du Conseil d'administration de l'organisation. Et les Etats-Unis ne sont pas les seuls à ne pas payer. Le montant global des impayés s'élève à environ 250 millions de francs suisses (environ 271 millions d'euros), « soit près d'un tiers » du budget, a détaillé M. Houngbo. L'OIT a publié le 28 octobre un document avec des propositions de réforme organisationnelle selon deux scénarios financiers.

Le premier scénario table sur « une réduction limitée mais soutenue de la valeur réelle du budget ordinaire », alors qu'un deuxième prévoit « un déficit notable pouvant atteindre jusqu'à 20 pour cent en 2026-27, dans l'hypothèse où une part importante des contributions au budget ordinaire ne serait pas recouvrée ». « En toute franchise, honnêteté intellectuelle oblige: seul le scénario 2 reflète la réalité à laquelle nous devons nous préparer », a ajouté l'ancien Premier ministre du Togo lundi, évoquant une « trajectoire imposée par les faits ». L'organisation, fondée en 1919, prévot une amélioration de sa trésorerie au début de 2026 grâce aux paiements anticipés de plusieurs Etats. « Mais cela ne changera pas la donnée fondamentale : nous devons ajuster nos crédits budgétaires et réduire notre base de dépenses d'au moins 20 pour cent », a insisté M. Houngbo.

Plusieurs pistes sont à l'étude, dont le gel des recrutements, la réduction du nombre de postes, la délocalisation de certaines activités, notamment à Turin, ou la location d'une partie de ses bureaux à Genève. Le document indique que dans l'hypothèse où la réduction nécessaire du budget s'élèverait à 93,2 millions, il serait nécessaire de supprimer environ 285 à 295 postes. La fermeture d'une cinquantaine de projets américains de l'OIT qui dépendaient du financement américain a déjà conduit l'organisation « à devoir licencier environ 200 membres » du personnel sur environ 3.500 globalement, avait indiqué M. Houngbo en mai.

L'Organisation internationale du travail (OIT), touchée comme beaucoup d'organisations par une réduction internationale des financements, traverse une crise financière « grave » et « sans précédent », a averti lundi son directeur général. Les Etats-Unis sont, à hauteur de 22%, le principal bailleur de fonds de l'OIT, au rôle important pour la protection des travailleurs à travers le monde. Mais Washington, en retard sur ses cotisations 2024 et 2025, doit à l'organisation plus de 173 millions de dollars, alors que Donald Trump procède depuis son retour à la Maison Blanche à d'importantes coupes dans l'aide internationale.« La crise financière à laquelle nous faisons face est grave, elle est sans précédent si on regarde les dernières décennies, et elle affecte déjà notre capacité à...