Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien au palais de l’Élysée, à Paris, le 17 novembre 2025. Photo Sarah MEYSSONIER / AFP
Les locaux du groupe McKinsey ont été de nouveau perquisitionnés au début du mois de novembre, dans le cadre de l'enquête pénale en France concernant les conditions d'intervention de cabinets de conseil dans les campagnes électorales d'Emmanuel Macron, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
« Une perquisition a eu lieu le 6 novembre chez McKinsey dans le cadre de l'information judiciaire suivie » par le juge d'instruction parisien Serge Tournaire, a précisé lundi cette source, confirmant une information du Parisien. McKinsey est un des principaux groupes internationaux de conseil, fondé aux Etats-Unis. L'affaire des cabinets de conseil est partie d'une commission d'enquête parlementaire qui avait qualifié, en 2022, de « phénomène tentaculaire » les missions confiées aux cabinets privés par l'Etat depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017.
Publié en pleine course à la présidentielle, ce rapport avait empoisonné la campagne d'Emmanuel Macron, accusé par les oppositions de favoritisme en faveur de McKinsey. « S'il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal », avait-il lancé le 27 mars 2022. Le parquet national financier a d'abord ouvert, le 31 mars 2022, une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée à l'encontre de McKinsey, pour un possible montage fiscal des entités françaises qui leur auraient permis de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. Six mois plus tard, il a ouvert deux informations judiciaires, notamment pour « tenue non conforme de comptes de campagne », portant sur les conditions d'intervention de cabinets de conseil dans les campagnes électorales de 2017 et 2022 d'Emmanuel Macron et élargie depuis aux années 2015 et 2016, et pour favoritisme.
Des perquisitions ont déjà eu lieu au domicile de dirigeants et anciens dirigeants de McKinsey, au ministère de la Santé, au siège parisien de la société de conseil et à ceux du parti d'Emmanuel Macron, Renaissance, et de l'association de financement de Renaissance.


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