L'écrivain Boualem Sansal en 2011 en Allemagne. REUTERS/Kai Pfaffenbach/File Photo
L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal pourrait rentrer en France « dans les prochains jours », a affirmé dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, selon qui cette libération constitue un « désaveu cinglant pour les partisans de la méthode forte » dans le dialogue avec Alger.
« Il est aujourd'hui à l'ambassade de France à Berlin et, en fonction des résultats de ses examens médicaux, nous espérons pouvoir le voir rentrer en France dans les prochains jours », a déclaré M. Barrot lors d'un entretien avec les médias France Inter, FranceinfoTV et Le Monde.
L'auteur, emprisonné depuis un an en Algérie et au cœur d'une grave crise diplomatique entre Alger et Paris, a été gracié et libéré mercredi à la demande du président de l'Allemagne, où il a été transféré pour des soins médicaux.
Pour le ministre français des Affaires étrangères, « cette libération, c'est d'abord une victoire de la diplomatie, de la diplomatie française, de la diplomatie allemande, et c'est un désaveu cinglant pour les partisans de la méthode forte, de la brutalité et de l'invective qui ne conduisent à rien ».
M. Barrot s'est toutefois refusé à mentionner explicitement l'ex-ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau, qui avait déploré récemment que sa « ligne ferme » à l'égard de l'Algérie n'ait « jamais été assumée, ni au Quai d'Orsay ni à l'Elysée », considérant que « la diplomatie des bons sentiments est un fiasco ».
« Je parle de tous ceux que j'entends, y compris aujourd'hui, après la libération de Boualem Sansal, qui continuent de minimiser le rôle de la France et de sa diplomatie dans cette libération », a ajouté M. Barrot.
« Nous n'avons pas besoin d'une diplomatie d'opinion, nous avons besoin d'une diplomatie d'impact », a-t-il estimé. La diplomatie française, a-t-il poursuivi, a permis « depuis le début de l'année 2025, de libérer une dizaine de nos compatriotes qui étaient retenus otages ou détenus arbitrairement à l'étranger », notamment dimanche Camilo Castro, un Français détenu au Venezuela depuis juin.
Le ministre a dit souhaiter pouvoir engager un dialogue avec Alger « exigeant, soucieux de la défense de nos intérêts dans le respect de la souveraineté de l'Algérie », notamment à propos du journaliste français Christophe Gleizes, « qui a été condamné à une très lourde peine et dont nous espérons la libération prochaine ».
Collaborateur des magazines So Foot et Society, M. Gleizes a été condamné fin juin à sept ans de prison ferme en Algérie, notamment pour « apologie du terrorisme ». Son procès en appel est prévu le 3 décembre.


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