Une école de l’UNRWA occupée par un groupe armé opposé au Fateh en août 2023. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-LeJour
Le Hamas au Liban a distribué un mémorandum aux institutions internationales juridiques, humanitaires, éducatives et diplomatiques sur la crise éducative dans les écoles de l’UNRWA au camp palestinien de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud, critiquant la direction de l’agence des Nations unies pour les réfugiés, a rapporté jeudi l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
L’organisation palestinienne islamiste précise que le mémorandum énumère les principaux problèmes éducatifs, notamment «la fermeture de plusieurs écoles de l’UNRWA, la suppression de classes, le surpeuplement pouvant atteindre jusqu’à 50 élèves dans certains cas, le défaut d’entretien et de réhabilitation des écoles endommagées lors des événements sécuritaires survenus à Aïn el-Héloué, ainsi que la faiblesse des programmes scolaires».
Le mémorandum du mouvement palestinien propose également « des solutions, notamment la création de nouvelles écoles, la restauration des écoles endommagées, l’arrêt de la suppression des classes, l’évitement du surpeuplement des salles de classe et l’amélioration de la qualité de l’enseignement ».
À l’été 2023, des affrontements meurtriers ont éclaté dans le camp entre des factions islamistes et le mouvement nationaliste Fateh, faisant une douzaine de morts, des centaines de déplacés et causant d’importants dégâts. En septembre de la même année, les belligérants ont convenu d’un cessez-le-feu. Le complexe scolaire du camp se trouve sur la ligne de front entre les différentes factions et avait été occupé par des combattants de diverses tendances, y compris pendant plusieurs mois après les affrontements.
Dans sa déclaration, le Hamas ajoute que « ce mémorandum est le résultat d’une rencontre populaire à Aïn el-Héloué, qui a examiné la situation éducative dans les écoles de l’UNRWA et à laquelle ont participé des représentants des factions palestiniennes, des comités populaires, des institutions sociales, des activistes de mouvements populaires et de jeunesse, ainsi que des spécialistes de l’éducation ». La rencontre a mis en garde contre « les risques sociaux résultant des décisions de l’UNRWA, la crise éducative entraînant des problèmes sociaux, psychologiques et économiques supportés par les familles et la communauté ».
Contactée par L’Orient Today, l’UNRWA a indiqué que, malgré une situation financière toujours très incertaine, l’agence «continue de fournir des services essentiels, y compris l’éducation à 34 000 enfants répartis dans 60 écoles à travers le pays». Concernant la fermeture de classes et le surpeuplement, elle a précisé qu’elle réalise chaque année un « exercice de vérification dans l’ensemble de ses écoles au Liban, afin de garantir l’exactitude des données sur les élèves et un équilibre dans la taille des classes ».
« Le dernier exercice a montré que le nombre total d’élèves au Liban est passé de 37 058 (prévu) à 34 427 (effectif réel). Sur cette base, le programme éducatif a ajusté certaines classes conformément au cadre de formation des classes approuvé : quelques classes ont été fermées lorsque le nombre d’élèves était inférieur aux prévisions, tandis que de nouvelles sections ont été ouvertes là où cela était nécessaire, a ajouté l’agence. Ces ajustements s’inscrivent dans le cadre des efforts réguliers de l’UNRWA pour maintenir la qualité et l’efficacité de son système éducatif ».


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