People walk at Enghelab (Revolution) Square in the capital Tehran on November 11, 2025. (Photo by ATTA KENARE / AFP) AFP or licensorsTehran (AFP)ATTA KENAREiran-economy-daily life
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé l'Iran à l'autoriser à vérifier ses inventaires de matières nucléaires « dès que possible », et en particulier ses réserves d'uranium hautement enrichi.
Dans un rapport confidentiel consulté par l'AFP mercredi, l'AIEA souligne avoir perdu la continuité de ses connaissances sur les inventaires précédemment déclarés depuis la guerre de 12 jours déclenchée le 13 juin par une attaque d'Israël contre l'Iran. Elle juge « crucial » de pouvoir vérifier ces inventaires « dès que possible afin de dissiper ses préoccupations ».
Le gendarme onusien du nucléaire rappelle qu'à la date correspondant au début de la guerre, le total des réserves iraniennes d'uranium enrichi à 60%, -seuil proche des 90% nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire-, s'élevait à 440,9 kg, soit une hausse de 32,3 kg par rapport au 17 mai.
La quantité de matière fissile, que l'AIEA n'a pas pu vérifier ces derniers mois, « est une source de préoccupation sérieuse et une question de conformité à l'accord de garanties » du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) auquel l'Iran adhère depuis 1970. L'attaque israélienne avait été suivie le 22 juin de frappes américaines visant spécifiquement le site souterrain d'enrichissement d'uranium iranien de Fordo. L'étendue précise des dégâts n'est pas connue.
L'AIEA souligne encore « qu'il est indispensable et urgent » que l'Iran mette en oeuvre les activités de garanties, conformément à l'accord de garanties du TNP, « qui reste en vigueur » et dont l'« application ne peut être suspendue sous aucun prétexte ». L’article III du TNP impose à chaque État non doté d’armes nucléaires de conclure un accord de garanties généralisées (AGG) pour permettre à l'AIEA de vérifier qu’il respecte l'obligation de ne utiliser l'énergie nucléaire à des fins autres que pacifiques.
« Dévastatrices »
Les puissances occidentales et Israël accusent depuis longtemps l'Iran de chercher à acquérir des armes nucléaires, une accusation toujours démentie par Téhéran. Les pourparlers entre les deux camps sont actuellement au point mort, tandis que l'ONU a rétabli fin septembre, pour faire pression sur Téhéran, des sanctions levées il y a dix ans.
Le chef de l'AIEA, Rafael Grossi, a récemment déclaré au Financial Times qu'environ une douzaine d'inspections avaient été effectuées en Iran depuis la guerre de juin mais que l'accès à des sites nucléaires clés tels que Fordo, Natanz et Ispahan, touchés lors des frappes, n'a pas été accordé.
Ces frappes « ont été assez dévastatrices » mais « cela ne veut pas dire que l'Iran n'a plus les capacités » d'enrichissement, a déclaré M. Grossi sur la radio française RTL vendredi, ajoutant qu' »une fois qu'un pays atteint un seuil des connaissances et capacités technologiques, elles peuvent être reconstruites ».
Au début du mois, l'Iran a déclaré qu'il reconstruirait les sites nucléaires endommagés par les frappes israéliennes et américaines « plus forts qu'avant ». Selon l'AIEA, l'Iran est le seul pays sans armes nucléaires à enrichir de l'uranium à 60%.
Téhéran estime de son côté que l'AIEA a une part de responsabilité dans le déclenchement de l'attaque israélienne surprise car elle a été lancée au lendemain du vote d'une résolution critique sur le programme nucléaire iranien au siège de l'agence à Vienne.
L'Iran reproche également à l'AIEA de ne pas avoir condamné les frappes contre ses installations nucléaires durant le conflit en juin. Selon le rapport de l'AIEA consulté mercredi, M. Grossi a exprimé « sa disposition à engager un dialogue constructif avec l'Iran dès que possible » pour garantir que son programme nucléaire « est exclusivement pacifique ».


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