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Dernières Infos - Sécurité

L'avenir de la mission des Casques bleus au Soudan du Sud menacé, s'inquiète l'ONU


Un Soudanais déplacé qui a fui El-Fasher après la chute de la ville aux mains des Forces de soutien rapide (RSF) est assis dans un abri de fortune dans le camp d'Um Yanqur, situé à la limite sud-ouest de Tawila, dans la région du Darfour occidental, déchirée par la guerre, au Soudan, le 3 novembre 2025. Photo AFP Un Soudanais déplacé qui a fui El-Fasher après la chute de la ville aux mains des Forces de soutien rapide (RSF) est assis dans un abri de fortune dans le camp d'Um Yanqur, situé à la limite sud-ouest de Tawila, dans la région du Darfour occidental, déchirée par la guerre, au Soudan, le 3 novembre 2025. Photo AFP

L'avenir de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) est « en jeu », a alerté mardi un haut responsable de l'ONU, évoquant de nouvelles « conditions » posées par Juba à l'exercice du mandat des Casques bleus.

Sous la contrainte des coupes budgétaires américaines, la plupart des missions de maintien de la paix de l'ONU sont en train de modifier leurs plans opérationnels, ce qui passe en particulier par une réduction de 25% des effectifs militaires et policiers dans les prochains mois.

Pour la Minuss, cela implique « la fermeture de certains bureaux de terrain et de bases, le rapatriement de personnel en uniforme, qui a déjà commencé, et la réduction du personnel national et international », a indiqué mardi devant le Conseil de sécurité le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Jean-Pierre Lacroix. Il a assuré que lors d'une visite à Juba mi-octobre, il avait obtenu le soutien des autorités sud-soudanaises à ces nouvelles mesures. Mais « quelques jours plus tard, la mission a reçu un document officiel du gouvernement exposant une série de conditions qui ne sont pas seulement irréalistes mais sont une véritable menace à la viabilité du plan, et potentiellement à la mission elle-même », a-t-il déploré, sans autre détail sur ces conditions. « Si le gouvernement ne fait pas preuve de plus de compréhension et de flexibilité, la capacité de la mission à remplir son mandat sera gravement compromise. Franchement, l'avenir de la mission est totalement en jeu », a-t-il insisté, soulignant l'importance de son rôle de protection des civils alors que la situation sécuritaire se détériore depuis des mois.

Le plus jeune Etat de la planète a été plongé dans une violente guerre civile entre 2013 et 2018 qui a fait quelque 400.000 morts et quatre millions de déplacés. Un accord de partage du pouvoir entre les belligérants a permis le retour d'un calme précaire. Mais depuis le début de l'année, de violents affrontements opposent le camp du président Salva Kiir et celui de son vice-président Riek Machar, arrêté en mars. La Minuss, créée en 2011 au moment de naissance du Soudan du Sud, comptait en juillet -- avant le plan de réduction des troupes -- plus de 13.000 militaires et 1.500 policiers, selon le site des opérations de maintien de la paix.

Prenant note des « contraintes financières », l'ambassadrice sud-soudanaise à l'ONU Cecilia Adeng a assuré que son gouvernement poursuivrait un « dialogue constructif » avec l'ONU pour « trouver une solution aux défis opérationnels ». « Quand le gouvernement a suggéré les 17 points pour le maintien de la Minuss (...) c'était en toute bonne foi et pour la stabilité. Ce n'était en aucun cas une condition pour la poursuite du travail de la Minuss », a-t-elle assuré, sans préciser ces 17 points.

L'avenir de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) est « en jeu », a alerté mardi un haut responsable de l'ONU, évoquant de nouvelles « conditions » posées par Juba à l'exercice du mandat des Casques bleus.Sous la contrainte des coupes budgétaires américaines, la plupart des missions de maintien de la paix de l'ONU sont en train de modifier leurs plans opérationnels, ce qui passe en particulier par une réduction de 25% des effectifs militaires et policiers dans les prochains mois.Pour la Minuss, cela implique « la fermeture de certains bureaux de terrain et de bases, le rapatriement de personnel en uniforme, qui a déjà commencé, et la réduction du personnel national et international », a indiqué mardi devant le Conseil de sécurité le chef des opérations de maintien...