Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo ANI
C'est une nouvelle charge virulente que le chef des Forces libanaises Samir Geagea a lancée contre le Hezbollah, qu'il a accusé de mener le Liban, « et surtout sa propre base » vers « plus de destruction », alors que Washington et Tel-Aviv ont menacé avec encore plus de force le week-end dernier le pays d'attaques intensifiées si le parti chiite ne remettait pas ses armes.
Le Hezbollah, par « ses prises de position et ses actions depuis l’accord de cessez-le-feu, continue d’entraîner le Liban, et particulièrement sa propre base, vers toujours plus de catastrophes, de morts et de destruction », a affirmé le chef chrétien au cours d'un événements dans le nord de la Békaa. « Le Hezbollah s’est trompé dans ses calculs et a fait une erreur en 2023 et 2024, conduisant à la dévastation et à la destruction dans différentes régions libanaises », a-t-il poursuivi. Le 8 octobre 2023, le Hezbollah avait ouvert un « front de soutien » à Gaza à partir du Liban-Sud, qui a déclenché 13 mois de conflit avec Israël, dont plus de deux mois d'offensive dévastatrice entre septembre et novembre 2024. Les affrontements ont fait plus de 4 000 morts, dont des centaines de combattants du parti chiite, et dévasté des villages entiers.
Pour Samir Geagea, « tout cela découle du refus du Hezbollah de dissoudre ses ailes militaire et sécuritaire, comme le stipule d’abord l’accord de Taëf, la résolution 1701 de l’ONU, l’accord de cessez-le-feu de 2024, la prestation de serment du président Joseph Aoun et la déclaration ministérielle, entre autres. » Il a critiqué « l'obstination Hezbollah à conserver des armes qui se sont incapables de faire face à Israël et sont devenues un aimant qui attire les attaques sur le Liban. »
Malgré la trêve, l'armée israélienne continue de bombarder le Sud et la Békaa, affirmant prendre pour cible des combattants et des infrastructures du parti chiite. Le tout pendant que les États-Unis, via les émissaires Tom Barrack et Morgan Ortagus, et Israël font pression pour un désarmement total et le lancement de négociations avec l’État hébreu.
Dans ce cadre, le chef des Forces libanaises a appelé les responsables à adopter une « position ferme » concernant le désarmement avant que le Liban n’atteigne « l’effondrement total, alors qu’il est déjà largement en ruines. »

