La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (à gauche), et le député du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, réagissent lors de l'examen des textes par la « niche parlementaire » du groupe d'extrême droite Rassemblement national, à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 30 octobre 2025. Photo AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Les députés français ont adopté jeudi une proposition de résolution du Rassemblement national (RN, extrême droite) visant à « dénoncer » l'accord franco-algérien de 1968, dans un geste symbolique.
Ce texte, non contraignant, a été adopté à une majorité d'une voix par la chambre basse du Parlement français, grâce à l'appui de députés des partis de droite LR et Horizons.
Le RN a fait des accords franco-algériens de décembre 1968 un de ses chevaux de bataille en demandant à de multiples reprises leur dénonciation.
Si la résolution adoptée mercredi n'a pas de valeur législative, la cheffe du RN, Marine Le Pen, a demandé au gouvernement de tenir « compte » de ce vote, qui appelle à dénoncer l'accord qui offre aux Algériens des clauses spécifiques en matière d'immigration et de séjour en France.
Il a manqué des voix dans tous les groupes, y compris dans ceux de la gauche, pour s'opposer à la résolution du RN.
Dans la soirée, en réponse aux propos de Mme Le Pen, le Premier ministre français a estimé qu'il fallait « renégocier » cet accord « parce qu'il appartient à une autre époque ».
Lors d'un déplacement à Carentan (nord-est), Sébastien Lecornu a précisé néanmoins que « c'est le président de la République qui est garant des traités, qui les négocie et qui les signe » et que « la politique étrangère de la France (...) n'est pas faite par des résolutions au Parlement ».
Ce vote à l'assemblée intervient alors que Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d'un an dans une crise diplomatique.
Les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis l'été 2024 et la reconnaissance par la France d'un plan d'autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental.
L'arrestation en novembre 2024 à Alger de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, accusé d'avoir repris à son compte la position du Maroc dans ce conflit, a aggravé les tensions.
Avant une nouvelle crise en janvier 2025 avec l'interpellation en France de plusieurs influenceurs algériens pour avoir appelé à des actes violents, souvent à l'encontre d'opposants au pouvoir algérien.
La France reproche par ailleurs à son ancienne colonie de refuser de reprendre ses ressortissants visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Cet accord, signé six ans après la fin de la guerre d'Algérie (1954-1962), crée un régime d'immigration favorable pour les Algériens, qui n'ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de 3 mois dans l'Hexagone et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour 10 ans, y compris dans le cadre du regroupement familial.


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