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Avec l'entreprise Humain, l'Arabie saoudite affiche ses ambitions dans le domaine de l'IA


Des invités se tiennent devant le stand de la société saoudienne d'intelligence artificielle Humain lors de la conférence Future Investment Initiative (FII) à Riyad, le 29 octobre 2025. Photo AFP/FAYEZ NURELDINE

Soutenue par son fonds souverain de près de 1.000 milliards de dollars, l'Arabie saoudite mise sur sa jeune entreprise d'intelligence artificielle, Humain, pour s'imposer dans un secteur hautement concurrentiel.

Créée en mai dernier, la société est majoritairement détenue par le très riche fonds souverain de la monarchie du Golfe (PIF), pilier du financement des mégaprojets censés accompagner la diversification de l'économie du premier exportateur mondial de pétrole. 

L'entreprise s'est faite remarquer cette semaine lors du forum Future Investment Initiative (FII) à Ryad, où son PDG Tareq Amin a réaffirmé son objectif de devenir le troisième plus grand fournisseur mondial d'infrastructures d'intelligence artificielle (IA), derrière les Etats-Unis et la Chine.

Mais les ambitions de Ryad de devenir un pôle mondial de l'IA se heurtent à la concurrence féroce des Emirats arabes unis voisins, qui investissent dans ce domaine depuis des années, ainsi qu'à des difficultés pour acquérir des technologies américaines avancées, notamment des puces électroniques hyper-performantes essentielles au développement du secteur.

Humain dit vouloir proposer une large gamme de produits et de services liés à l'IA. En août elle a ainsi dévoilé son propre grand modèle de langage en langue arabe (LLM, pour large language model), à l'image de ceux qui sous-tendent les assistants ChatGPT développé par OpenAI ou Gemini lancé par Google.


- Pétrole et IA -


Au FII cette année, le stand de l'entreprise semblait être l'un des plus prisés du forum, attirant un flux constant de visiteurs.

Humain est au cœur des ambitions saoudiennes en matière d'IA. Mardi, le géant pétrolier saoudien Aramco, a annoncé son intention d'acquérir une « participation minoritaire significative » dans Humain afin d'intensifier ses opérations et « d'accélérer sa croissance dans le secteur de l'IA », selon un communiqué.

Quelques heures plus tôt, le PDG d'Aramco, Amin Nasser, avait vanté le potentiel de l'intelligence artificielle, soutenant que la technologie et la numérisation pouvaient doubler la productivité d'un puits de pétrole.

Humain a également annoncé la signature d'un contrat de plusieurs milliards de dollars avec le fonds d'investissement américain Blackstone, pour la construction de centres de données en Arabie saoudite.

Humain, comme d'autres jeunes entreprises technologiques saoudiennes, cherche à « convaincre que les ambitions technologiques du royaume sont bien réelles, réalisables et enthousiasmantes », décrypte Robert Mogielnicki, du Arab Gulf States Institute à Washington.

« Le rythme soutenu de l'agenda technologique des Emirats arabes unis voisins, pôle régional majeur pour les investissements, renforce la nécessité pour Ryad de le démontrer », dit le chercheur à l'AFP.


- « Course à l'IA » -


Les dépenses liées à l'intelligence artificielle explosent à travers le monde, les investissements pour la seule année 2025 devant atteindre près de 1,5 milliard de dollars, selon le cabinet américain Gartner.

Les deux plus grandes économies du Golfe, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, se disputent l'accès aux technologies américaines soumises à des restrictions à l'exportation, nécessaires pour devenir des puissances mondiales de l'IA.

Les pays producteurs de pétrole disposent d'un net avantage dans la course à la construction d'immenses centres de données, grâce à leurs vastes espaces, à leurs ressources énergétiques abondantes, à leur accès facilité au financement et au soutien affirmé des autorités. Mais de nombreux défis demeurent. 

« Le capital saoudien ne suffit pas s'il n'obtient pas l'autorisation de Washington d'acheter les puces avancées nécessaires à ses ambitions en matière de centres de données », explique Vivek Chilukuri, chercheur au Center for a New American Security.

Selon lui, le royaume souffre également d'une grave pénurie de talents spécialisés en IA et doit rivaliser non seulement avec les entreprises américaines bien établies, mais aussi avec son voisin émirati.

Malgré les incertitudes sur la rentabilité et la crainte d'une bulle spéculative comparable à celle de la fin des années 1990 autour d'internet, l'optimisme dominait cette semaine à Ryad.

« C'est excitant d'être dans la région en ce moment, car la motivation est forte, au plus haut niveau de l'Etat, pour devenir un leader mondial de l'IA », a déclaré à l'AFP Adam Jackson, responsable des opérations au Moyen-Orient de la société technologique CIQ.

Soutenue par son fonds souverain de près de 1.000 milliards de dollars, l'Arabie saoudite mise sur sa jeune entreprise d'intelligence artificielle, Humain, pour s'imposer dans un secteur hautement concurrentiel.Créée en mai dernier, la société est majoritairement détenue par le très riche fonds souverain de la monarchie du Golfe (PIF), pilier du financement des mégaprojets censés accompagner la diversification de l'économie du premier exportateur mondial de pétrole. L'entreprise s'est faite remarquer cette semaine lors du forum Future Investment Initiative (FII) à Ryad, où son PDG Tareq Amin a réaffirmé son objectif de devenir le troisième plus grand fournisseur mondial d'infrastructures d'intelligence artificielle (IA), derrière les Etats-Unis et la Chine.Mais les ambitions de Ryad de...