Des gardes-frontières israéliens arrivent pour expulser des colons israéliens (à gauche) qui tentent de perturber la récolte des olives dans une oliveraie près du village palestinien de Silwad, au nord-est de Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël, le 29 octobre 2025. Photo AFP/ ZAIN JAAFAR
Le droit au retour des réfugiés palestiniens doit être « redéfini » comme un droit au retour dans un Etat palestinien plutôt que dans le lieu d'origine pour faire avancer un processus de paix entre Palestiniens et Israëliens, a estimé mercredi un activiste politique palestinien.
« Nous devons changer la manière de penser entre Palestiniens et Israéliens dans ce conflit. Et je peux suggérer des choses en la matière », a déclaré Samer Sinijlawi à Paris lors d'une rencontre avec des journalistes de l'association de la presse diplomatique française (APDF), déplorant « le manque d'imagination » pour sortir de l'impasse.
« Le droit au retour doit être redéfini comme un droit au retour dans l'Etat de Palestine. Pas à l'endroit où votre grand-père ou votre mère sont partis d'Israël », a déclaré l'activiste de Jérusalem-Est, qui plaide en faveur d'une coexistence israélo-palestinienne.
Le droit au retour des réfugiés palestiniens est un principe politique, juridique et humanitaire qui affirme que les Palestiniens ayant fui ou ayant été expulsés de leurs foyers lors de la création de l'État d'Israël en 1948 et leurs descendants ont le droit de revenir dans leurs lieux d'origine, aujourd'hui situés en Israël ou dans les territoires palestiniens occupés.
Cette question est un des obstacles majeurs pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
« La majorité (de la population) de Gaza est réfugiée. Mais pour eux, le droit au retour signifie le droit de retourner à Ashkelon, à Haïfa, à Jaffa, à Nazareth. Maintenant, nous devons leur dire que le droit au retour signifie simplement rester à Gaza et ne pas être un réfugié », a poursuivi Samer Sinijlawi.
Foncièrement opposé au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, il reconnaît que renoncer à son lieu d'origine est un processus « très difficile » qui devra être compensé. Mais « nous devons motiver Israéliens et Palestiniens à commencer à imaginer la paix », a-t-il insisté.
En outre, plutôt que de pousser les colons israéliens à quitter la Cisjordanie, il avance l'idée d'accepter que les Israéliens restent mais dans le cadre d'un Etat palestinien. Ils seraient « bienvenus pour rester en tant que citoyens israéliens, résidents de l'État de Palestine » qui lui, serait « pleinement responsable » de leur sécurité. Les frontières seraient libres dans les deux sens.
Il a enfin exhorté à organiser des élections démocratiques sans délai, convaincu que des candidats « plein d'énergie » voulant instaurer la démocratie vont émerger.
L'armée israélienne a annoncé mercredi un retour au cessez-le-feu dans la bande de Gaza après avoir mené depuis la veille une série de frappes contre « des dizaines » de cibles, qui ont fait plus de 100 morts, en riposte à des tirs qui ont tué un soldat la veille.

