Le ministre israélien de la Défense Israël Katz. Ahmad Gharabli/AFP
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé mercredi avoir interdit l'accès de la Croix-Rouge à des Palestiniens détenus par Israël, selon un communiqué de son bureau.
M. Katz « a signé mercredi un décret interdisant aux représentants du Comité international de la Croix-Rouge de rendre visite aux prisonniers détenus en vertu de la loi sur la détention des combattants illégaux », souligne le communiqué, arguant que de telles visites mettraient « en danger la sécurité nationale ».
Selon la loi israélienne, la catégorie « de combattants illégaux », introduite en 2002, autorise une détention indéfinie sans la moindre inculpation et dans des centres de détention militaires.
L'interdiction annoncée par M. Katz consacre le statu quo qui prévaut depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Elle intervient au lendemain d'accusations portées par Israël contre le Hamas selon lesquelles le mouvement islamiste a mis en scène la découverte d'un corps devant du personnel du CICR, qui sert d'intermédiaire pour la libération des otages et des prisonniers.
Sollicité par l'AFP, le CICR a indiqué mercredi n'avoir « plus eu accès aux détenus palestiniens depuis le 7 Octobre 2023 », et souligne que le but de ces visites est « purement humanitaire ».
Plusieurs ONG ont fait état auprès de l'AFP, avant-même ce décret, de délais et de complications rencontrées par les avocats pour rendre visite aux prisonniers palestiniens. Selon elles, l'administration pénitentiaire affirme que ces visites peuvent être utilisées pour envoyer des messages aux groupes islamistes palestiniens et en recevoir de leur part.
Le décret du ministre Katz a par ailleurs été annoncé quelques heures avant une audience, mercredi, devant la Cour suprême israélienne sur le sujet.
En février 2024, les ONG Association pour les droits civils en Israël (ACRI), Physicians for Human Rights, HaMoked et Gisha avaient déposé un recours en justice pour exiger que des représentants du CICR soient autorisés à rendre visite aux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie détenus par l'armée ou l'administration pénitentiaire israélienne.
Lors de l'audience de mercredi, l'avocat représentant l'Etat, Ron Rosenberg, a indiqué qu'il avait été décidé d'autoriser le transfert d'informations à la Croix-Rouge, qui ne comprendront que les noms et les lieux de détention et ce, pour les prisonniers qui ne sont pas associés à Gaza et au Hamas. La mesure sera mise en œuvre « dans les prochains jours » selon lui.
« Les préoccupations actuelles en matière de sécurité nous empêchent d'autoriser l'accès jusqu'à ce que tous les otages soient de retour », a-t-il ajouté, soulignant que « la Croix-Rouge n'est pas le seul moyen de mettre les prisonniers en contact avec le monde extérieur ».
Selon ACRI, 2.673 prisonniers qualifiés de « combattants illégaux » étaient détenus par les services pénitentiaires israéliens début octobre. Plusieurs centaines d'entre eux ont été libérés le 13 octobre dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza.

