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Des factions palestiniennes déplorent la libération d'un suspect dans l’affaire du « bateau de la mort »


Des factions palestiniennes déplorent la libération d'un suspect dans l’affaire du « bateau de la mort »

Une photo diffusée par l’armée libanaise montrant l'arrière du bateau ayant sombré au large de Qalamoun, le 24 avril 2022.

Les factions palestiniennes du camp de Beddaoui, au Liban-Nord, ont exprimé dans un communiqué leur «regret et indignation» face à la décision de libérer un suspect dans l'affaire dite du « bateau de la mort », un naufrage au large de Tartous en Syrie d'une embarcation partie de Tripoli et qui avait coûté la vie à des dizaines de personnes en septembre 2022.

Ces factions ont déploré une décision qui constitue « un choc immense pour les familles des victimes » et « un mépris pour le sang des innocents qui ont payé le prix de la pauvreté et de la privation », tout en estimant qu'elle « envoie un message négatif aux familles des martyrs et des disparus, leur donnant le sentiment que la justice a disparu et que ceux qui trafiquent des vies humaines peuvent échapper à toute sanction ».

Pour mémoire

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« Peut-il y avoir un crime sans criminel ? »

Le propriétaire du bateau qui a fait naufrage, B.D. a récemment été remis en liberté, après une détention de trois ans. Son incarcération avait été décidée, en 2022, par le juge d’instruction du Liban-Nord, qui considérait les personnes poursuivies comme étant suspectées de « meurtres et trafic d’êtres humains », indique un avocat de proches de victimes, Mohammad Sablouh, contacté par l’Orient-Le Jour. Il précise que le dossier a été récemment déféré au Tribunal militaire « sous prétexte » que M. D., cousin de B.D, est un soldat de l’armée impliqué dans l’affaire et que, de ce fait, la compétence revient à la justice militaire. Selon lui, le service des renseignements de l’armée a interrogé M. D. avant de le relâcher, tandis que le juge d’instruction militaire a décidé de qualifier les actes des suspects d' « homicides non intentionnels », lesquels sont des délits et non de crimes, décidant dans ce sillage de libérer B.D. Me Sablouh s’interroge sur ces développements, se demandant si le transfert du dossier à la justice militaire n’aurait pas été motivé par la volonté de permettre la remise en liberté de B.D. L'Orient-Le Jour n’a pas été en mesure de contacter les magistrats du Tribunal militaire qui pourraient être au fait de l’affaire.

Le navire avait coulé au large de la côte syrienne. Ce drame avait fait environ 150 morts, sans que le bilan ne soit officiellement établi, notamment parce qu'aucune information n'était établie concernant le nombre de passagers qui se trouvaient à bord et que plusieurs dizaines de personnes restent portées disparues. Des ressortissants de Syrie, du Liban, ainsi que des Palestiniens, se trouvaient à bord.

Les factions palestiniennes ont ainsi appelé le Tribunal militaire à reconsidérer « cette décision injuste, à poursuivre l’enquête jusqu’à son terme et à traduire en justice tous les responsables de ce crime qui a bouleversé la conscience humaine ». Et d'ajouter : « Est-il concevable qu’il y ait un crime sans criminel ? », avant d'exhorter l'instance judiciaire et les organisations humanitaires locales et internationales à élever la voix pour protester contre cette décision.


Cette dépêche a été modifiée le 29 octobre 2025 afin de corriger le contexte du drame pour lequel un suspect a été relâché. Il s'agit bien du naufrage ayant eu lieu au large de Tartous en septembre 2022 et non, comme cela avait été précédemment indiqué, du naufrage au large de Tripoli après une collision avec un navire militaire.

Les factions palestiniennes du camp de Beddaoui, au Liban-Nord, ont exprimé dans un communiqué leur «regret et indignation» face à la décision de libérer un suspect dans l'affaire dite du « bateau de la mort », un naufrage au large de Tartous en Syrie d'une embarcation partie de Tripoli et qui avait coûté la vie à des dizaines de personnes en septembre 2022.Ces factions ont déploré une décision qui constitue « un choc immense pour les familles des victimes » et « un mépris pour le sang des innocents qui ont payé le prix de la pauvreté et de la privation », tout en estimant qu'elle « envoie un message négatif aux familles des martyrs et des disparus, leur donnant le sentiment que la justice a disparu et que ceux qui trafiquent des vies humaines peuvent échapper à toute sanction ». Pour mémoire...