La scène sunnite bouillonne à l’approche des élections législatives de mai. Entre les différents protagonistes, les contacts se multiplient pour tenter de nouer des alliances efficaces en l’absence des grands ténors traditionnels. Depuis le retrait du chef du courant du Futur, Saad Hariri, de la scène politique, la communauté n’a pas vraiment pu se doter d’un leader, même si les candidats sont nombreux. Certains ont quand même réussi à se tailler une place dans le paysage politique, comme Fouad Makzoumi et Waddah Sadek, mais ils ne parviennent pas encore à se doter d’une stature de chefs de file, en mesure d’imposer leurs choix dans la formation des listes. Surtout face à la multiplication des candidats, dans la circonscription de Beyrouth II en particulier, où ceux qui briguent l’héritage du Futur sont nombreux.
Les plus grandes batailles sunnites se déroulent dans les trois grandes villes du pays, Beyrouth, Tripoli et Saïda. Même si dans chacune d’elles les noms sont différents, les tendances restent les mêmes. La lutte se déroule ainsi entre, d’une part, les courants traditionnels qui cherchent à se donner une allure moderne avec les fils des leaders ou des familles politiques habituelles, comme Saëb Tammam Salam, Saleh Nouhad Machnouk et Saif Salim Diab, et, d’autre part, les forces dites du changement, dont Waddah Sadek se veut le chef de file. Entre les deux, il y a les courants politiques religieux, comme les Ahbache, la Jamaa islamiya, qui, après de longues décennies de luttes intestines, cherchent à mettre de côté leurs divergences pour se maintenir en place. Il y a aussi les nouveaux venus sur la scène politique, comme le Premier ministre Nawaf Salam, qui, sans le dire clairement, se prépare à se doter d’un bloc parlementaire.
Son principal rival, c’est essentiellement son prédécesseur Nagib Mikati. Ce dernier, qui a récemment affirmé qu’il ne compte pas se présenter, a effectué il y a quelques jours une tournée auprès des responsables, sans doute pour rappeler à tous qu’il reste dans la course au Sérail. L’ancien Premier ministre souhaiterait principalement s’affirmer comme le chef de file d’un courant modéré, ayant des relations avec toutes les parties politiques internes et externes. Même s’il n’est pas personnellement candidat aux élections, il cherche à se doter d’un bloc parlementaire et en même temps à rappeler à toutes les parties concernées qu’il a réussi à piloter le navire libanais pendant une période particulièrement délicate, en l’absence d’un président de la République (2022-2024), tout en évitant les nombreux écueils. M. Mikati cherche aussi à profiter des frictions qui ont eu lieu récemment entre Nawaf Salam et le tandem chiite.
L’issue de cette confrontation dépend bien sûr de la rue mais aussi de la décision finale de Saad Hariri, dont le courant se prépare discrètement aux élections, tout en affirmant publiquement que, pour l’instant, aucune décision n’a été prise à ce sujet. Toutefois, dans les coulisses, nombreux sont les partisans qui estiment que si le Futur ne participe pas cette fois-ci, il n’est pas sûr de pouvoir continuer à exister jusqu’aux élections de 2030, car les partisans ne pourront pas attendre si longtemps (plus de dix ans) en restant fidèles à leur leader. C’est la raison pour laquelle les milieux politiques considèrent que cette échéance est cruciale aussi pour Saad Hariri. Sa décision ne sera toutefois pas uniquement libanaise, devant dépendre de la position saoudienne.
C’est dire que derrière chacun des principaux protagonistes, il y a des enjeux régionaux et internationaux. La plupart des intéressés cherchent ainsi à obtenir l’appui des Saoudiens et à déchiffrer leurs intentions véritables. Leur appui déclaré à Nawaf Salam en tant que Premier ministre englobe-t-il aussi un appui pour qu’il devienne le leader de la communauté ? Les courants islamistes qui avaient des liens avec la Syrie d’Assad ou avec le Qatar et la Turquie ont-ils une place dans l’échiquier actuel ? L’Iran et le Hezbollah, qui avaient établi un réseau d’alliances au sein de la communauté sunnite, ont-ils encore une influence sur elle ? Autant de questions auxquelles il est sans doute impossible de répondre actuellement, tant la situation générale dans la région reste imprécise, avec de nombreux scénarios possibles. Mais les milieux politiques sunnites suivent attentivement les déplacements et les déclarations de l’ambassadeur saoudien à Beyrouth Walid Boukhari. Ce dernier semble avoir choisi de confier les rênes de la communauté sunnite au mufti Abdellatif Deriane pour ne pas avoir justement à choisir entre les différents protagonistes. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la visite de l’ambassadeur au cheikh Ali el-Khatib, vice-président du Conseil supérieur chiite (proche d’Amal et du Hezbollah) et ses affirmations sur le fait que le royaume n’a aucune animosité envers cette composante libanaise.
Reste la Turquie qui, au cours des dernières années, a augmenté son influence sur la communauté sunnite du Liban, en particulier dans le Nord, à Tripoli, à Denniyé et au Akkar notamment. Cette influence s’est renforcée avec la guerre de Gaza et le soutien au Hamas ainsi qu’avec la chute du régime syrien et l’arrivée au pouvoir d’Ahmad el-Chareh. Pour l’instant, la rivalité entre la Turquie et l’Arabie saoudite sur la scène sunnite libanaise ne se traduit pas sur le terrain. Mais avec le déclin de l’influence iranienne au Liban, cette rivalité pourrait aussi avoir un impact sur le cours des prochaines législatives, si elles ont lieu à la date prévue.



Je repete : Naifs et irresponsables TOUS CEUX ( qui qu,ils soient ) qui acceptent le deroulement des legislatives avec la particitation ( dite democratique et consensuelle ) du tandem chiito/perse arme qui les intimide et les menace apres avoir detruit tant de fois le PAYS.
11 h 14, le 25 octobre 2025