Un papier affiché sur un mur, sur lequel on peut lire : "Grève". Photo ANI
La grève organisée par le Rassemblement des ligues des fonctionnaires, regroupant militaires retraités et fonctionnaires civils, a connu jeudi des niveaux de participation variables à travers le pays, notamment à Baabda, Zahlé et Saïda, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Si certains employés ont observé le mouvement à 100 %, d’autres se sont rendus à leur bureau uniquement pour traiter les affaires urgentes.
Annoncé lundi, ce mouvement de protestation, qui dénonce la détérioration des conditions économiques du secteur public, a tenu une conférence de presse à Dékouané, dans la banlieue est de Beyrouth, pour réclamer des ajustements des salaires et des pensions et avertir d’une escalade si ses demandes n’étaient pas prises en compte, rapporte l'Ani.
Un ancien chef du service des fonctionnaires, Antoine Gebran, a estimé que les salaires et les pensions avaient perdu près de 80 % de leur valeur depuis 2019, tandis que les allocations familiales « s’élèvent désormais à moins de 3 dollars par mois pour une famille composée du conjoint (le fonctionnaire) et de cinq enfants ». Il a dénoncé la récente augmentation des cotisations de retraite de 6 % à 8 %, exhortant les autorités à revenir au taux précédent, et a demandé la création d’un fonds de pension indépendant, prévu depuis plus de quarante ans, pour protéger les droits des employés du secteur public.
Des « solutions urgentes » exigées
Les syndicalistes ont présenté une série de mesures jugées urgentes, dont : une augmentation des salaires et pensions d’au moins 50 % par rapport à 2019, avec un étalement du reste avant janvier 2026 ; le versement complet des droits financiers pour les retraités depuis 2019 ; le renforcement de la couverture médicale et sociale ; l’ajustement des allocations familiales selon l’inflation ; le retour à 6 % des cotisations de retraite et la mise en place du fonds de pension indépendant.
À Saïda, au Liban-Sud, la plupart des administrations ont observé la grève, à l’exception des ministères des Finances, de l’Industrie et du Travail. Les manifestants ont menacé de passer à une grève ouverte si leurs revendications continuaient d’être ignorées. À Baabda, les employés se sont présentés à leur bureau mais ont suspendu toutes les transactions, affichant des avis de grève à l’entrée. Les fonctionnaires du Hermel et de Zahlé ont limité leur travail aux services urgents.
En juillet et début août, les fonctionnaires avaient observé une grève après que le gouvernement a approuvé des augmentations de salaire pour les hauts fonctionnaires, une mesure que de nombreux syndicats ont dénoncée comme « méprisante », car les salaires des employés ordinaires restent bien inférieurs à leur niveau d'avant la crise suite à l'effondrement de la livre libanaise.
Les salaires dans le secteur public demeurent l’un des principaux défis du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam. Non seulement ils n’ont pas suivi le rythme de l’inflation, mais la fonction publique est également critiquée pour sa taille importante, son inefficacité et son coût élevé. Avant la crise économique, les salaires du public représentaient environ un tiers du budget de l’État, soit quelque 15 milliards de dollars. Le nombre total de fonctionnaires, incluant les forces armées, est estimé entre 200 000 et 300 000 personnes.



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