Le président français Emmanuel Macron (à droite) serrant la main de l'ancien président français Nicolas Sarkozy (à gauche) après une réunion sur l'attaque russe en Ukraine à l'Élysée, à Paris, le 25 février 2022. Photo Ludovic Marin/AFP
Emmanuel Macron a jugé lundi qu'il était « normal » sur le « plan humain » qu'il reçoive son prédécesseur Nicolas Sarkozy avant son incarcération, tout en réitérant qu'il était aussi le gardien de « l'indépendance » de la justice.
« J'ai eu des propos publics toujours très clairs sur l'indépendance de l'autorité judiciaire dans le rôle qui est le mien. Mais il était normal que sur le plan humain, je reçoive un de mes prédécesseurs, dans ce contexte », a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet des pays méditerranéens de l'Union européenne à Portoroz en Slovénie.
L'ancien président Nicolas Sarkozy, qui doit être incarcéré mardi à la prison parisienne de la Santé, a été reçu vendredi par le chef de l'Etat, a indiqué lundi à l'AFP une source au sein de l'exécutif, confirmant une information du Figaro.
Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable d'avoir laissé ses collaborateurs Claude Guéant et Brice Hortefeux préparer un projet de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi, lors de rencontres avec un dignitaire du régime condamné à perpétuité en France pour l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989 (170 morts). L'ancien chef de l'Etat, condamné à cinq ans de prison ferme, a fait appel.
Jamais dans l'histoire de la République française ou de l'Union européenne, un ancien chef d'Etat n'a dormi derrière les barreaux.
Au moins autant que sa condamnation, c'est le mandat de dépôt ordonné par le tribunal qui a suscité la stupeur. Celui-ci est ordonné de manière routinière par les tribunaux correctionnels, sans attendre un jugement en appel.
Dans un message sur X après la condamnation de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron avait semblé remettre en cause ce principe, expliquant que « dans notre État de droit, la présomption d'innocence comme le droit au recours doivent toujours être préservés ».


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin