Un véhicule de la police française passant devant l'école primaire Montagne à Sarreguemines, dans le nord-est de la France, le 13 octobre 2025. Photo JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN /AFP
L'enquête sur l'assassinat en septembre d'un chrétien irakien en fauteuil roulant à Lyon (centre-est de la France) est désormais entre les mains du pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris, après le dessaisissement du parquet de Lyon, ont annoncé lundi les deux juridictions.
« Au regard des dernières avancées de l'enquête », l'information judiciaire a été étendue le 9 octobre aux infractions d' »assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », indiquent le procureur de Lyon Thierry Dran et le procureur antiterroriste Olivier Christen dans un communiqué commun.
Le juge d'instruction lyonnais s'est dessaisi le même jour au profit du pôle antiterroriste de l'instruction du tribunal judiciaire de Paris.
Cette nouvelle étape dans la procédure intervient dix jours après l'arrestation d'un Algérien de 28 ans en Italie dans le cadre de cette enquête.
Selon une source proche de l'enquête, l'homme est toujours en Italie à ce stade.
La victime, Ashur Sarnaya, un chrétien d'Irak de 45 ans, a été frappée au cou à l'arme blanche le soir du 10 septembre au pied de son immeuble à Lyon par un homme qui l'attendait et qui avait pris la fuite à pied.
Au moment de l'attaque, cet homme en situation de handicap était en train de faire un live vidéo consacré à la religion chrétienne, comme il en avait l'habitude. Les pompiers n'ont pas pu le ranimer.
Le parquet national antiterroriste (PNAT) avait jusqu'alors fait savoir qu'il était « en observation » sur ce dossier.
La victime vivait avec sa sœur depuis au moins dix ans à Lyon. Sur ses comptes en ligne, consultés par l'AFP, cet homme s'exprimait en arabe et postait des vidéos souvent consacrées à la religion chrétienne.
Sur l'une d'elles, visible sur TikTok, il affirmait que ses contenus étaient régulièrement bloqués et ses comptes suspendus en raison, selon lui, de signalements faits par des utilisateurs musulmans.
C'est le troisième meurtre dont se saisit la justice antiterroriste depuis le début de l'année en France, après l'attaque au couteau jihadiste de Mulhouse (nord-est) en février dans laquelle est mort un Portugais de 69 ans, puis l'assassinat fin mai à Puget-sur-Argens (sud-est) d'un quadragénaire tunisien.


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