Les deux mains bien arrimées au pupitre, il attend un peu avant de prendre la parole et regarde les membres de la Knesset l'applaudir: lundi, à Jérusalem, Donald Trump a savouré sans retenue son triomphe.
Il a été accueilli par une vision familière, celle de casquettes rouges, l'accessoire emblématique de son mouvement MAGA (Make America Great Again). Le Parlement israélien a en effet fait distribuer en son honneur des couvre-chefs écarlates portant les mots "Trump le président de la paix".
Accueilli par une longue ovation debout, le républicain de 79 ans a pendant son discours fait mine de déplorer le retard pris dans son voyage éclair, qui après Jérusalem, l'a emmené en Egypte pour un sommet international sur Gaza.
Mais en réalité Donald Trump s'est délecté des louanges du Premier ministre Benjamin Netanyahu - dont il a salué le discours "superbe mais très long"- et du chef de file de l'opposition Yaïr Lapid.
"Un homme appelé Donald Trump a été élu président des Etats-Unis. Et, mesdames et messieurs, du jour au lendemain, du jour au lendemain, tout a changé", a dit le dirigeant israélien, tandis que le président américain esquissait un sourire mi-satisfait mi-entendu.
- Nobel -
Yaïr Lapid a lui jugé que cela avait été une "grave erreur" de ne pas décerner le Prix Nobel de la Paix à Donald Trump, ouvertement fasciné par cette distinction.
Le milliardaire new-yorkais s'est lancé dans une allocution de plus d'une heure, largement improvisée.
Solennel par moments, il a parlé d'un "triomphe incroyable pour Israël et le monde" après la conclusion d'un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages par le Hamas.
"Le mérite revient au président Trump", a même concédé dimanche sur CNN Jake Sullivan, qui fut le conseiller à la sécurité nationale de l'ancien président démocrate Joe Biden, tout en se demandant: "Comment faire en sorte que cela tienne?".
Mais lundi, Donald Trump n'avait nulle envie de s'étendre sur les difficultés d'application de son plan en vingt points pour Gaza.
Reprenant l'une de ses expressions favorites, le président américain a promis devant la Knesset l'avènement d'un "âge d'or" pour tout le Moyen-Orient, et il porte déjà ses regards vers l'Iran.
- Iran -
"Nous sommes prêts" à un accord "quand vous le serez", a ainsi lancé le président américain aux Iraniens pendant son allocution.
"Seriez-vous contents avec ça ? Est-ce que ce ne serait pas une bonne chose ?", a-t-il ajouté, à l'adresse des élus israéliens.
Avec ce même ton empreint de familiarité, celui d'un visiteur qui se sait en terrain conquis, Donald Trump s'est aventuré sur le terrain des affaires intérieures israéliennes.
Il a enjoint au Premier ministre israélien "d'être "un peu plus sympa" avec son opposant Yaïr Lapid, un "type très bien". "Tu n'es plus en guerre", a lancé Donald Trump à l'adresse de "Bibi", surnom de Benjamin Netanyahu.
Le président américain a aussi suggéré qu'une grâce soit accordée au chef du gouvernement, poursuivi pour corruption.
- Cigares et champagne -
"Il a été l'un des plus grands dirigeants en temps de guerre, vraiment l'un des plus grands. Et les cigares et le champagne, franchement, qui s'en soucie ?" a-t-il lancé.
Benjamin Netanyahu et son épouse, Sara, sont accusés d'avoir accepté des produits de luxe d'une valeur de plus de 260.000 dollars, tels que cigares, bijoux et champagne, de la part de milliardaires, en échange de faveurs politiques.
Donald Trump, qui lui-même a été poursuivi dans de nombreuses affaires et même condamné une fois au pénal, avait déjà estimé que le Premier ministre israélien était comme lui victime d'une "chasse aux sorcières".
Son discours n'a connu qu'une brève interruption, quand deux élus, Ayman Odeh et Ofer Cassif, ont été expulsés après avoir brandi un message appelant à reconnaître l'Etat de Palestine.
Tandis que les deux hommes étaient escortés hors de l'enceinte, certains parlementaires se sont mis à scander: "Trump! Trump!"
aue/gl
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