Le Premier ministre britannique, Keir Starmer. PHIL NOBLE/AFP
Quelques milliers de personnes ont participé à des manifestations propalestiniennes mardi à Londres et dans d'autres villes du Royaume-Uni, rejetant les critiques du Premier ministre Keir Starmer qui avait appelé à ne pas organiser de tels défilés le jour du 2e anniversaire du 7 octobre 2023.
A Londres, plusieurs centaines d'étudiants de plusieurs universités ont manifesté aux cris de « Free Palestine », « Israël Etat terroriste », « stop au génocide » à Gaza.
Deux ans jour pour jour après l'attaque sans précédent perpétrée par le mouvement islamiste Hamas en Israël, qui a entraîné une guerre dévastatrice à Gaza, ces rassemblements, également organisés à Sheffield et à Edimbourg, avaient fait l'objet d'une virulente mise en garde du Premier ministre mardi matin.
« Ce n'est pas britannique d'avoir si peu de respect pour les autres », a écrit le dirigeant travailliste dans le Times, dénonçant « un manque d'empathie et d'humanité ».
« Je pense qu'être ici aujourd'hui est ce qui fait de nous des Britanniques », a rétorqué Sim Junaid, une ancienne étudiante de King's College âgée de 23 ans.
« Le Premier ministre ne comprend pas ce qui ce passe ici, et je pense qu'on peut montrer de la solidarité (pour les victimes) du 7-Octobre et continuer à manifester pour le peuple palestinien », a-t-elle dit à l'AFP.
Quelques jours après l'attentat contre une synagogue à Manchester qui a fait deux morts parmi les fidèles juifs, Keir Starmer a aussi estimé que les manifestations propalestiniennes organisées régulièrement au Royaume-Uni étaient utilisées par certains comme « une excuse ignoble pour attaquer les juifs britanniques à propos de quelque chose dont ils ne sont aucunement responsables ».
« C'est important de se lever contre les atrocités qui se déroulent au Moyen Orient », « ce n'est pas être antisémite que de dénoncer ce qui se passe », a estimé un étudiant juif de 19 ans, Daniel, qui a refusé de donner son nom.
David MacFadyen, un homme de 56 ans venu de Glasgow, a pour sa part jugé « dégoûtant » les propos de Keir Starmer et « ridicules » les accusations d'antisémitisme.
Une Israélienne de 34 ans, Emily Schrader, venue rendre visite à sa famille à Londres, a toutefois jugé « vraiment irresponsable » la tenue de ces manifestations.
« Le fait qu'ils fassent ça le 7 octobre, le jour où (le Hamas) a kidnappé, tué et violé, il n'y a rien de propalestinien là dedans, honnêtement », a-t-elle dit à l'AFP.
Après l'attaque de la synagogue de Manchester le 2 octobre, le gouvernement avait déjà appelé à reporter des manifestations propalestiniennes, redoutant qu'elles n' »attisent les tensions ».
Mais un millier de manifestants s'étaient rassemblés samedi à Londres en soutien à l'organisation proscrite Palestine Action, classée « terroriste » par le gouvernement.
L'attaque du Hamas d'octobre 2023 a causé la mort de 1.219 personnes, principalement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres officiels israéliens. Sur les 251 personnes prises en otages ce jour-là, 47 se trouvent toujours à Gaza, dont 25 sont morts, selon l'armée israélienne.
La campagne israélienne de représailles militaires a tué au moins 67.160 Palestiniens, selon les chiffres du ministère de la Santé dans le territoire contrôlé par le Hamas, que les Nations unies considèrent comme fiables.


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