Une vue du dîner de lancement. Photo tirée du compte Instagram de Biolink
Le 13 septembre dernier, s’est tenu à l’University Club de New York le dîner inaugural de Biolink.org, une organisation à but non lucratif qui rassemble et valorise les professionnels des sciences de la vie d’origine libanaise à travers le monde. La soirée a réuni scientifiques, investisseurs, universitaires et leaders de l’industrie venus des quatre coins du globe. Plus qu’un lancement, l’événement a marqué la naissance d’un mouvement mondial porté par la diaspora scientifique libanaise, déterminée à contribuer au développement d’un Liban tourné vers l’avenir.
L’histoire de Biolink prend racine dans la tragédie de l’explosion au port de Beyrouth, en août 2020. Ce jour-là, au milieu des décombres, une évidence s’impose aux fondateurs : la diaspora libanaise, disséminée entre Boston, Londres, Zurich, San Francisco ou New York, recèle des talents exceptionnels dans les domaines de la santé et des biotechnologies. Mais cette force demeurait éparpillée et sous-utilisée.
« En coordonnant l’envoi de médicaments vitaux vers le Liban après l’explosion, nous avons réalisé qu’il existait un réseau extraordinaire de Libanais travaillant dans les sciences de la vie, raconte François Nader, médecin et entrepreneur. Mais ce réseau manquait de structure. Il fallait le fédérer pour en faire un moteur de développement. »
Pour Khalil Barrage, directeur général de The Invus Group, l’idée s’est imposée comme une évidence : « Le Liban a besoin de diversifier son économie, de se projeter au-delà du tourisme et des services financiers. L’avenir passe par une économie de la connaissance, où la recherche, la biotechnologie et l’innovation jouent un rôle central. La diaspora peut être ce levier. »
Biolink est structurée autour d’une mission claire : connecter, collaborer et catalyser des initiatives concrètes dans les sciences de la vie. Son objectif dépasse le simple réseautage. « Nous ne sommes pas un club fermé d’expatriés, insiste François Nader. Nous sommes une plateforme d’action qui veut contribuer à bâtir un écosystème scientifique robuste au Liban, capable de créer des emplois et d’attirer des investissements. »
Biolink vient combler un double vide. Pour les professionnels libanais des sciences de la vie, il offre un espace mondial de mise en relation, d’échanges d’expertise et de mentorat. Pour le Liban, il agit comme un pont stratégique avec les institutions académiques locales – l’Université américaine de Beyrouth (AUB), l’Université libano-américaine (LAU) et l’Université Saint-Joseph (USJ) – afin de stimuler la recherche, l’entrepreneuriat et l’innovation.
« Nous voulons être un accélérateur de synergies là où, jusqu’ici, les initiatives restaient fragmentées, explique Khalil Barrage. Par notre réseau, nous conseillons aussi le secteur privé sur des questions-clés : propriété intellectuelle, cadres réglementaires ou levée de fonds. »
Le lancement de Biolink a été possible grâce à des contributions philanthropiques des fondateurs et d’un noyau de donateurs. « Nous avons voulu mettre en place dès le départ un modèle de gestion basé sur la transparence, la diversification des sources de financement – dons, partenariats, événements caritatifs – et l’implication active de notre conseil d’administration », souligne François Nader.
Biolink veut renforcer les capacités scientifiques locales en créant des passerelles avec les grandes institutions libanaises. « Avec l’AUB, la LAU et l’USJ, nous travaillons déjà sur des projets qui visent à attirer des financements internationaux et à développer des programmes de recherche appliquée », précise Khalil Barrage.
En quelques mois, Biolink a déjà constitué des chapitres à New York, Boston, San Francisco, Londres, Zurich et Beyrouth, et s’apprête à en lancer à Paris et Dubaï. À court terme, l’organisation veut établir un réseau actif de mentorat et de collaborations académiques. Son ambition : contribuer à l’émergence d’un véritable écosystème des sciences de la vie au Liban, capable d’attirer start-up, projets de recherche et investissements de pointe.

