Des décombres autour de la citadelle d'Alep, en Syrie, le 25 septembre 2025. Photo d'illustration REUTERS / Mahmoud Hassano
La police allemande a arrêté mardi un ressortissant syrien soupçonné d’avoir commis des crimes contre l’humanité, notamment des meurtres et des actes de torture, en tant que chef de milice en 2011 à Alep, a indiqué le Parquet allemand.
Le ressortissant syrien, identifié uniquement sous le nom d’Anouar S., conformément aux lois allemandes sur la protection de la vie privée, est soupçonné d’avoir été à la tête de la milice chabiha déployée à Alep pour le compte de l’ancien régime syrien sous la présidence de Bachar el-Assad. Selon les procureurs, à huit reprises entre avril et novembre 2011, après la prière du vendredi, le suspect et sa milice auraient frappé des civils à coups de matraques, de tuyaux métalliques et d’autres instruments afin de disperser les manifestations. Des décharges électriques auraient également été utilisées, ajoutent-ils dans un communiqué. Certains manifestants ont été remis aux autorités policières et aux services de renseignement et, une fois en détention, soumis à de graves sévices, précisent les procureurs, ajoutant que dans un cas, un manifestant est décédé.
Reuters n’a pas pu joindre dans l’immédiat l’avocat d’Anouar S. pour recueillir ses commentaires.
L’Allemagne a poursuivi ces dernières années plusieurs anciens responsables syriens en vertu des lois sur la compétence universelle, qui permettent aux procureurs d’engager des poursuites contre des suspects de crimes contre l’humanité commis partout dans le monde. La justice syrienne a, elle, émis un mandat d'arrêt contre Bachar el-Assad pendant le week-end, pour des crimes perpétrés à Deraa, berceau de l'insurrection anti-régime qui avait dégénéré en guerre civile en 2011.
Cet article est une version, traduite par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche de Reuters en anglais.

