Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de discussions commerciales avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng au ministère des Affaires étrangères à Madrid, le 15 septembre 2025. Photo AFP/THOMAS COEX
Les États-Unis vont élargir la portée de leur liste noire commerciale, qui complique l'accès à certains produits américains pour les entreprises étrangères y figurant, une mesure destinée à frapper notamment les entreprises chinoises. Selon un document publié lundi par le ministère du Commerce, les filiales détenues à au moins 50 % par une ou plusieurs des ces entreprises seront désormais automatiquement soumises aux mêmes restrictions.
Si le changement annoncé par les autorités américaines s'applique à l'ensemble des sociétés sous restrictions, il devrait toucher en particulier celles implantées en Chine, étant donné que Washington a récemment pris pour cible de nombreuses entités basées dans ce pays.
La nouvelle règle entrera en vigueur mardi, mais les entreprises peuvent demander des modifications temporaires. La « liste des entités » vise les entreprises et autres entités considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale ou les intérêts de la politique étrangère des États-Unis. Si elles souhaitent exporter leurs produits à ces sociétés étrangères, les entreprises américaines doivent détenir une licence officielle.
Ces dernières années, craignant d'être rattrapés sur le plan technologique par Pékin, les États-Unis ont par exemple empêché le chinois Huawei d'intégrer le système d'exploitation Android à ses smartphones et ont mis en pause la vente de certaines puces de Nvidia sur le marché chinois. Lundi, un porte-parole du ministère chinois du Commerce a déclaré dans un communiqué que Pékin avait pris note de cette évolution, la qualifiant d'acte « malveillant » portant atteinte aux droits des entreprises. Le responsable a ajouté que cette règle était « un autre exemple typique de la manière dont les États-Unis étendent à l'excès le concept de sécurité nationale et abusent des contrôles à l'exportation ».
La Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger les droits et les intérêts de ses entreprises, a assuré le porte-parole. L'avis du ministère du Commerce indique que ce changement vise à « répondre aux préoccupations en matière de contournement », telles que la création de nouvelles entreprises pour contourner les restrictions.

