Des décombres dans le village de Blida, dans le caza de Marjeyoun, le 16 avril 2025. Photo Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour
Un « Rassemblement des habitants des localités frontalières du Sud » nouvellement formé a appelé lundi à plusieurs sit-in et initiatives afin de marquer les deux ans du début de la guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, le 8 octobre 2023, qui avait été déclenchée par des tirs d'obus du parti chiite et a depuis fait plus de 4 000 morts. Ces habitants appellent notamment à une manifestation devant le Sérail de Nabatiyé et de Tyr au Liban-Sud, le 5 octobre.
Dans un communiqué, le Rassemblement commémore « deux ans de guerre, de douleur et de souffrance », déplorant que les villages du Sud restent détruits et leurs habitants pas encore indemnisés. Le Hezbollah réclame que ce soit l'État qui indemnise et finance la reconstruction.
En prévision de la commémoration, les habitants des villages frontaliers ont appelé à des sit-in le dimanche 5 octobre à 11h devant les Sérails de Nabatiyé et de Tyr, « pour demander aux responsables d'accélérer la reconstruction, le versement d'indemnités et un soutien aux personnes rentrées chez elles ainsi qu'aux déplacés ». Ils ont en outre demandé à la ministre de l’Éducation Rima Karamé de demander aux écoles et universités de consacrer « une leçon et une minute de silence » à la mémoire des morts et à des explications sur la situation dans la région frontalière, où au moins six positions sont toujours occupées par Israël et qui subit, à l'instar d'autres régions du pays, des frappes et tirs quotidiens. Les habitants ont enfin suggéré aux ministères de l'Information et de la Culture d'organiser une « semaine médiatique et culturelle » sur la situation de la zone frontalière et en « soutien à leur résistance ».
Si un cessez-le-feu est normalement en vigueur depuis le 27 novembre 2024, après des semaines d'offensive meurtrière israélienne sur le Liban, l’État hébreu continue de mener des attaques, affirmant viser le Hezbollah et ses infrastructures. Ces bombardements réguliers, qui touchent parfois des engins de chantier ou des conteneurs en préfabriqué utilisés pour la reconstruction, ainsi que l'ampleur des destructions dans les villages frontaliers, dont certains ont été partiellement dynamités par l'armée israélienne, rendent difficile tout retour des habitants.

