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La commission des Finances approuve une loi sur la collecte des déchets par les municipalités


La commission des Finances approuve une loi sur la collecte des déchets par les municipalités

Des déchets sur une route au Liban. Photo João Sousa/L'Orient-Le Jour

Le député Ibrahim Kanaan a affirmé jeudi que la commission parlementaire des Finances et du Budget qu'il préside avait approuvé une loi permettant aux municipalités de collecter et de traiter les déchets en échange d’une redevance symbolique.

« Aujourd’hui, nous avons approuvé un point important à la commission des Finances, que nous espérons voir ratifié en séance plénière. Il s’agit de donner aux municipalités les moyens de gérer les déchets, en accordant aux autorités locales le pouvoir de collecter et de traiter les déchets contre une redevance symbolique », a déclaré le parlementaire à la presse à l’issue de la réunion.

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M. Kanaan a expliqué à L’Orient-Le Jour que ce texte confère aux municipalités l’autorité d’imposer une somme symbolique aux citoyens souhaitant que leurs déchets soient collectés et traités, sans toutefois préciser la fréquence de perception, les entreprises industrielles devant payer entre 10 % et 300 % du salaire minimum selon leur taille. Pour les complexes touristiques, le taux varie entre 100 % et 400 %, et entre 5 % et 20 % pour les institutions publiques.

Le système de gestion des déchets au Liban, en place depuis les années 1990, fonctionne de manière très centralisée, notamment dans les zones densément peuplées de Beyrouth et du Mont-Liban. Il repose sur de grands contrats supervisés par le Conseil du développement et de la reconstruction, attribués à des opérateurs privés pour le compte des municipalités. Leur financement provient du Fonds municipal indépendant, qui aurait pourtant dû être consacré au développement régional.

En 2015, la fermeture soudaine de la principale décharge, celle de Naamé dans le Chouf, au sud de Beyrouth, a plongé le Liban dans une crise des déchets, alors que leur gestion est souvent affectée par l’irrégularité des paiements de l’État aux deux principales sociétés de ramassage, Ramco et City Blu. Si elle est adoptée, la loi actuelle ouvrirait la voie à la décentralisation et permettrait aux municipalités de financer leurs propres plans locaux de collecte et de traitement.

À l’issue de la réunion, Ibrahim Kanaan a souligné qu’il s’agissait d’un « point très important, notamment dans le cadre des négociations en cours avec la Banque mondiale, afin d’apporter une solution globale à la question des déchets, plutôt que de se limiter à des mesures partielles qui ne donneraient pas les résultats escomptés ».

M. Kanaan a également révélé que la commission avait obtenu du ministère de l’Environnement l’engagement qu’un plan national de traitement des décharges était en cours de préparation en urgence. « Un dialogue permanent est mené entre le gouvernement, les municipalités et les instances internationales pour parvenir à la solution », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : «Après 30 ans, il est temps de tourner la page des décharges et de cesser d’imposer des charges financières aux citoyens sans véritable traitement, ce qui les conduit à accepter ces sites ou à jeter leurs déchets dans leur environnement immédiat».

La décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé, qui dessert une partie de Beyrouth et le nord du Mont-Liban, a atteint sa pleine capacité. L’entreprise SGK, chargée d’enfouir les déchets, cessera toute activité sur le site à compter du 1er octobre. De son côté, la décharge de Costa Brava, qui reçoit les ordures de Baabda, Aley et de l’autre partie de Beyrouth, a récemment été agrandie. Faute d’accord rapide, le Liban risque de se retrouver confronté à une nouvelle crise des déchets, comparable à celle de 2015.

Le député Ibrahim Kanaan a affirmé jeudi que la commission parlementaire des Finances et du Budget qu'il préside avait approuvé une loi permettant aux municipalités de collecter et de traiter les déchets en échange d’une redevance symbolique.« Aujourd’hui, nous avons approuvé un point important à la commission des Finances, que nous espérons voir ratifié en séance plénière. Il s’agit de donner aux municipalités les moyens de gérer les déchets, en accordant aux autorités locales le pouvoir de collecter et de traiter les déchets contre une redevance symbolique », a déclaré le parlementaire à la presse à l’issue de la réunion. Lire aussi Fermeture imminente de la décharge de Jdeidé : vers une nouvelle crise ? M. Kanaan a expliqué à L’Orient-Le Jour que ce texte confère aux municipalités...