Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Crise Au Liban

Sit-in timide du collectif « Le Cri des déposants » devant la BDL, où Souhaid recevait une délégation du FMI


Sit-in timide du collectif « Le Cri des déposants » devant la BDL, où Souhaid recevait une délégation du FMI

Des membres du collectif « Le Cri des déposants » portent des pancartes contre les restrictions bancaires, lors d'un sit-in le 24 septembre 2025 devant les locaux de la banque centrale, à Beyrouth. Photo tirée du compte X de l'association

Le collectif « Le Cri des déposants » a manifesté mercredi devant la Banque du Liban (BDL), au moment où le gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, tenait une réunion avec une délégation du Fonds monétaire international (FMI).

Une poignée de manifestants était présente devant le siège de la banque centrale, quartier Hamra à Beyrouth, brandissant des pancartes appelant au respect des « droits des déposants ». « Le Liban ne se redressera jamais » sans cela, selon les panneaux, qui dénonçaient également « le plan du gouvernement pour effacer les dépôts », selon des photos publiées sur le compte X du groupe.

Dans un communiqué, l'association a indiqué vouloir « envoyer un message clair à la délégation du FMI, à savoir que les déposants rejettent catégoriquement les pressions exercées par le Fonds sur l'État pour qu'il annule ses dettes, en particulier la dette de 16 milliards de dollars due à la Banque du Liban, étant donné que ces fonds sont essentiellement ceux des déposants et relèvent de leurs droits légitimes ». Elle a ajouté rejeter le plan, « partiellement divulgué » par les autorités, qui comprend « des propositions dangereuses comme l'octroi aux déposants de titres de remplacement pour leurs dépôts, l'annulation des intérêts accumulés et la classification des dépôts entre « éligibles » et « non éligibles ». Le ministre libanais des Finances, Yassine Jaber, avait évoqué le 1er septembre, dans un entretien télévisé, qu’une partie des dépôts gelés dans les banques libanaises depuis la crise fin 2019 « ne pourront être restitués que sous forme de titres ». Il confirmait ainsi les informations ayant circulé de longue date dans la presse selon lesquelles le gouvernement privilégie la méthode dite du « bail-in » pour la restitution des gros dépôts, au-delà du minimum garanti prévu par le texte sur la répartition des pertes du système financier, en cours d'élaboration. Proposé dès 2020 par le cabinet Lazard, et repris par tous les plans gouvernementaux de restructuration bancaire qui ont échoué jusqu’à présent, le « bail-in » consiste à convertir une partie des dépôts en actions de la banque en difficulté. Cette solution est rejetée par une partie des banques libanaises et des grands déposants qui poussent pour un « bail-out », c'est-à-dire quand l’établissement est renfloué par l’État, estimant que la crise est systémique.

« L'État doit prendre ses responsabilités »

Le « Cri des déposants » a également mis en garde contre « toute tentative de spoliation des fonds des déposants sous quelque prétexte ou forme que ce soit » et a affirmé que « la véritable solution réside dans la prise en charge par l'État de l'intégralité de ses responsabilités et dans la mise en cause de tous ceux qui ont causé le gaspillage des deniers publics et la perte des fonds des déposants, et non dans l'imposition de pertes supplémentaires aux victimes ».

Après la loi aménageant le secret bancaire votée en avril et celle fixant le cadre de la résolution bancaire adoptée cet été, le projet de loi en cours d'élaboration sur le rétablissement de l’équilibre financier et la restitution des dépôts constitue la principale réforme attendue par le Fonds monétaire international et les partenaires du Liban pour la mise en œuvre d’un programme de financement de la part du FMI.

L'association Le Cri des déposants, est réputée, selon ses détracteurs, être proche de l’Association des banques du Liban (ABL) qui estime que c'est la banque centrale et l'État qui doivent assumer la responsabilité de la crise.

Présidée par le chef de mission Ernesto Ramirez Rigo, une délégation du FMI est arrivée au Liban pour une visite destinée à poursuivre les discussions autour d’un « programme global de réformes » censé relancer une économie en crise, selon la formule utilisée par l’institution financière. Mardi, cette délégation a rencontré le ministre des Finances Yassine Jaber. Le soir même, celui-ci avait indiqué que la loi devant organiser la répartition des pertes financières énormes accumulées par le Liban, qui ont provoqué l’effondrement de son secteur bancaire, ne sera pas adoptée avant le départ de la délégation libanaise à Washington, mi-octobre, pour participer aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale (BM).

Le collectif « Le Cri des déposants » a manifesté mercredi devant la Banque du Liban (BDL), au moment où le gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, tenait une réunion avec une délégation du Fonds monétaire international (FMI).Une poignée de manifestants était présente devant le siège de la banque centrale, quartier Hamra à Beyrouth, brandissant des pancartes appelant au respect des « droits des déposants ». « Le Liban ne se redressera jamais » sans cela, selon les panneaux, qui dénonçaient également « le plan du gouvernement pour effacer les dépôts », selon des photos publiées sur le compte X du groupe.Dans un communiqué, l'association a indiqué vouloir « envoyer un message clair à la délégation du FMI, à savoir que les déposants rejettent catégoriquement les pressions exercées par le Fonds sur...