Les ministres de la Santé publique Rakan Nassereddine et de l’Information Paul Morcos à l’Hôpital américain de Beyrouth (AUBMC), le 23 septembre 2025. Photo diffusée par l'ANI.
Les ministres de la Santé publique Rakan Nassereddine et de l’Information Paul Morcos se sont rendus mardi à l’Hôpital américain de Beyrouth (AUBMC) au chevet d'Amani Charara et de sa fille aînée, blessées dimanche par une frappe israélienne, qui a touché de plein fouet leur voiture familiale à Bint Jbeil. Les deux blessées sont les seules survivantes de la double frappe qui a fait 5 morts, notamment Chadi, l’époux d’Amani Charara, et leurs trois jeunes enfants, Céline, Hadi et Célia, ainsi qu’un motard, proche de la famille. La frappe a été revendiquée par Israël, qui affirme avoir tué un responsable du Hezbollah.
Au cours d’un entretien privé avec Amani Charara, les deux ministres lui ont présenté leurs condoléances, ainsi qu'aux membres de sa famille. La visite s’est déroulée en présence de l'ancien député Ali Bazzi.
Le ministre Paul Morcos a transmis à la survivante et à sa famille le message du président Joseph Aoun qui se trouve à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, précisant qu’ils sont « dans ses pensées et dans son cœur ». « Israël persiste à violer les résolutions internationales, notamment l'accord de cessation des hostilités. Il a commis un massacre à Bint Jbeil qui a fait cinq victimes, dont trois enfants », avait dénoncé le chef de l’État dans son allocution.
« Le moins que nous puissions faire est d'être présents ici pour apporter notre soutien, notre réconfort et notre solidarité », a ajouté le ministre de l’Information qui s'est engagé à transmettre au gouvernement les souhaits d’Amani Charara, et à lui demander de se pencher sur « les dossiers liés à la famille, à la santé et aux affaires sociales ».
« Mme Charara est de ces femmes formidables du Liban-Sud dotées d’une patience à toute épreuve. Elle nous a confié la responsabilité de veiller sur sa fille aînée », a souligné pour sa part Rakan Nassereddine. « En dépit de ses blessures, elle a fait part de son patriotisme, et raconté qu'elle était une chiite du Sud, diplômée d'écoles et d'une université chrétiennes, et que ses enfants fréquentaient l'école évangélique, ce qui reflète sa profonde foi en la patrie », a-t-il ajouté.
Photo fournie par Mountasser Abdallah.
Mardi également, les funérailles de Chadi Charara, de ses trois enfants, et du conducteur d’une mobylette, Mohammed Mroué, tous tués dans la double frappe israélienne, ont eu lieu à Bint Jbeil. Les cinq cercueils, enveloppés dans des drapeaux libanais ont été portés par une foule en deuil et en colère scandant des slogans hostiles à Israël. Selon l'Agence nationale d'information, des députés du Hezbollah et du mouvement Amal, ainsi que le président et les membres du Conseil municipal de Bint Jbeil, étaient présents aux funérailles.
Depuis New York où il s'est rendu pour l'Assemblée générale de l'ONU, le président Aoun avait condamné dimanche « un massacre » et exhorté la communauté internationale « à faire pression sur Israël pour qu'il se retire du Liban et respecte ses engagements ». Israël a multiplié ses frappes meurtrières au Liban la semaine dernière. Jeudi, l'armée israélienne avait annoncé avoir touché des dépôts d'armes du mouvement dans plusieurs zones du sud, après avoir appelé les civils à fuir.
Sous pression américaine, le gouvernement libanais a demandé le mois dernier à l'armée d'élaborer un plan de désarmement du Hezbollah, très affaibli par la guerre. Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a assuré que l'armée achèverait le désarmement des membres du parti chiite d'ici trois mois dans la zone frontalière avec Israël.


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