Des chars égyptiens déployés près du poste-frontière de Rafah, au nord de l'Égypte, le 31 octobre 2023. Photo AFP/ Khaled Desouki.
De hauts responsables israéliens se sont rendus lundi soir en Égypte afin de discuter de plusieurs questions liées aux dispositions sécuritaires dans les zones frontalières entre Israël, l’Égypte et la bande de Gaza, indique la publication qatarie Araby al-Jadeed, citant des sources égyptiennes bien informées dans le dossier des négociations concernant la guerre à Gaza.
Selon le quotidien, cette visite a eu lieu à l’initiative de Tel-Aviv, en coordination avec les États-Unis. La délégation, composée de responsables militaires et du renseignement israéliens, a rencontré des responsables égyptiens en charge des dossiers relatifs à la situation dans l’enclave palestinienne et le long de la frontière, notamment la zone frontalière entre l’Égypte et Gaza, où l’armée israélienne contrôle le corridor de Philadelphie, bande de terre entre le sud de Gaza et l’Égypte.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exhorté le président américain Donald Trump à intervenir pour contenir les activités militaires de l’armée égyptienne dans la péninsule du Sinaï, a indiqué samedi le journal Haaretz. Le chef du cabinet israélien estime que le renforcement des troupes dans cette région en bordure de Gaza constitue une violation par l’Égypte de son accord de paix de 1979 avec Israël, dont Washington est garant. « Ce que font les Égyptiens dans la péninsule du Sinaï est très grave et nous sommes très préoccupés », a indiqué un responsable israélien cité par le site américain Axios.
La partie israélienne accuse en substance Le Caire d’avoir mis en place des infrastructures militaires, dont certaines pourraient être utilisées à des fins offensives, dans des zones où seules les armes légères sont autorisées en vertu du traité, ainsi que d’avoir agrandi un aéroport militaire qui pourrait faire atterrir des avions de chasse. Les responsables israéliens affirment aussi que l’Égypte n’aurait pas donné d’informations suffisantes par la voie diplomatique quant à certaines installations souterraines qui serviraient, selon eux, à stocker des missiles. Des allégations démenties par Le Caire, qui confirme avoir renforcé sa présence dans le Sinaï dans un but préventif, inquiet d’un afflux de la population gazaouie poussée au départ forcé par Tel-Aviv.
L'Égypte et Israël ont signé un traité de paix en 1979, mettant fin à la guerre entre les deux pays et rendant le contrôle du Sinaï à l'Égypte tout en limitant le nombre de troupes que Le Caire peut y déployer, notamment dans la partie nord le long de la frontière avec Gaza et Israël. Beaucoup d'Égyptiens ont vu cette restriction comme un coup porté à leur souveraineté nationale. En pleine guerre à Gaza entre le Hamas et Israël, qui a commencé en octobre 2023, Israël a pris le contrôle en mai du corridor de Philadelphie - une étroite bande de 14 kilomètres de long qui sépare la bande de Gaza de l'Égypte - et refuse de s'en retirer, ce qui constitue une violation du traité de paix de 1979.



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