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Dernières Infos - Egypte

Le militant égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah gracié et libéré

Figure emblématique du soulèvement de 2011 en Egypte, Alaa Abdel-Fattah a passé la majeure partie de la dernière décennie derrière les barreaux.

Le militant égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah, enlaçant sa mère Laila Soueif, après sa libération, le 23 septembre au Caire. MOHAMED EL-RAAI/AFP

Le défenseur des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah, figure du militantisme en Egypte, a été libéré après avoir été gracié par le président Abdel Fattah al-Sissi au terme de plusieurs années en prison, a annoncé mardi sa famille. Ses proches ont posté tôt mardi sur le réseau X des images montrant ce militant de 43 ans rayonnant et entouré des siens, avec pour commentaires « Alaa est libre » et « Home » (à la maison).

Figure emblématique du soulèvement de 2011 en Egypte, Alaa Abdel-Fattah a passé la majeure partie de la dernière décennie derrière les barreaux. Il avait été arrêté pour la dernière fois en 2019 pour avoir publié sur Facebook un message évoquant des violences policières, puis condamné à cinq ans de prison en 2021 pour « fausses informations », une accusation fréquemment utilisée en Egypte contre les voix dissidentes.

Sa sœur Sanaa Seif avait indiqué lundi après-midi avoir été informée de sa libération imminente. « Le président Sissi a gracié mon frère », avait-elle écrit sur X. « Mon cœur va s'arrêter », avait commenté son autre sœur, Mona Seif, également sur X. Dès l'annonce de la décision, sa famille avait accouru à la prison de Wadi Natroun où il était détenu à quelque 80 kilomètres du Caire pour attendre sa sortie, selon des journalistes de l'AFP sur place.

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La cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, a dit sa joie à l'annonce de cette grâce. « Je suis reconnaissante au président Sisi d'avoir pris cette décision », a-t-elle indiqué sur X, ajoutant espérer « qu'Alaa pourra bientôt rentrer au Royaume-Uni ». Le gouvernement britannique a régulièrement intercédé auprès des autorités égyptiennes et un groupe d'experts de l'ONU a également appelé à sa libération immédiate, qualifiant sa détention d' »arbitraire ».


Espoirs d'un « tournant »

Le président égyptien avait récemment ordonné l'examen d'une demande de grâce en faveur d'un certain nombre de détenus, dont M. Abdel-Fattah. En juillet, la justice égyptienne avait ordonné son retrait de la liste des personnes accusées de terrorisme. Sa mère, la militante et universitaire Laila Soueif, a récemment mis fin à une grève de la faim partielle de dix mois menée pour réclamer sa libération. M. Abdel-Fattah observait lui-même une grève de la faim depuis début septembre, après une grève de la faim partielle en mars par solidarité avec sa mère, alors hospitalisée.

Saluant cette grâce, l'ONG Human Rights Watch a rappelé dans un communiqué que « des milliers de personnes comme Alaa croupissent encore dans les prisons égyptiennes simplement pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression ».  Cité par ce communiqué, Amr Magdi, chercheur de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a espéré que « sa libération marque un tournant et offre au gouvernement de Sissi l'occasion de mettre fin à la détention abusive de milliers de critiques pacifiques ».

La libération d'Alaa Abdel-Fattah est « un pas nécessaire et important mais il n'aurait jamais dû être emprisonné », a également déclaré à l'AFP le militant Ahmed Douma, qui s'était rendu devant la prison bouclée. « Cela donne de l'espoir mais il y a encore des dizaines de milliers d'autres en prison. » En août, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, avait exhorté les autorités égyptiennes à mettre fin aux pratiques de détention arbitraire prolongée et appelé le gouvernement à « libérer toutes les personnes qui en ont été victimes ».

En 2022, M. Sissi avait relancé un comité de grâce présidentielle qui a permis la libération d'un certain nombre de prisonniers politiques de premier plan, dont un avocat de M. Abdel-Fattah, Mohamed al-Baqer. Mais selon les défenseurs des droits humains, « trois fois plus de personnes » ont été arrêtées durant la même période.

Le défenseur des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah, figure du militantisme en Egypte, a été libéré après avoir été gracié par le président Abdel Fattah al-Sissi au terme de plusieurs années en prison, a annoncé mardi sa famille. Ses proches ont posté tôt mardi sur le réseau X des images montrant ce militant de 43 ans rayonnant et entouré des siens, avec pour commentaires « Alaa est libre » et « Home » (à la maison).Figure emblématique du soulèvement de 2011 en Egypte, Alaa Abdel-Fattah a passé la majeure partie de la dernière décennie derrière les barreaux. Il avait été arrêté pour la dernière fois en 2019 pour avoir publié sur Facebook un message évoquant des violences policières, puis condamné à cinq ans de prison en 2021 pour « fausses informations », une accusation...