Le siège d’Électricité du Liban (EDL), à Beyrouth. Photo João Sousa
Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, a démenti à L’Orient-Le Jour, via son bureau de presse, les informations publiées jeudi par al-Akhbar indiquant qu’il avait proposé de prolonger les contrats des prestataires privés chargés de la gestion du réseau de distribution d’Électricité du Liban (EDL), et ce « jusqu’au lancement d’un nouvel appel d’offres ».
Le quotidien proche du Hezbollah avait aussi affirmé que le ministre avait notifié le fournisseur public de sa décision d’accorder « une prolongation illimitée, sans délai fixe », justifiant sa démarche en invoquant la nécessité d’« assurer la continuité du service public ».
Al-Akhbar avait souligné que cette mesure allait à l’encontre de la recommandation du comité ministériel du précédent gouvernement, qui avait préconisé une prolongation strictement encadrée sur deux ans : la première échéance devait prendre fin le 1er octobre 2025 et la seconde en octobre 2026. Le ministre a rejeté toutes les informations de l’article et les interprétations qui en ont découlé.
Selon les informations fournies par le bureau de presse de Joe Saddi, le ministère de l’Énergie « travaille actuellement sur le cahier des charges, en coordination avec les instances concernées, qui devrait être finalisé à la fin du contrat des prestataires ». Une telle procédure prendra cependant du temps, compte tenu des règles de forme qui régissent les attributions de marchés publics de cette importance. Il n’est donc pas impossible dans l’absolu que le ministère consente à prolonger les contrats en question, même si la possibilité qu’il le fasse sans fixer de délai n’est pas de prime abord crédible.
Une source auprès d’un des prestataires affirme à L’OLJ qu’aucune notification concernant une prolongation n’a, pour l’instant, été envoyée ni par EDL ni par le ministère à la société. « Notre contrat s’achève le 30 septembre et nous n’en savons pas plus pour l’instant », explique-t-elle. Elle ajoute que le contrat liant la société à EDL contient une clause prévoyant une prolongation d’un an.
« La précédente prolongation était aussi d’un an », ajoute-t-elle, laissant supposer que le gouvernement navigue à vue depuis un moment, dans un contexte libanais marqué par la crise qui dure depuis 2019 et l’instabilité sécuritaire liée à la guerre entre Israël et le Hezbollah, qui s’est conclue par un cessez-le-feu imparfait conclu en novembre dernier après 13 mois d’affrontements.
La source au sein du prestataire contacté ajoute que le scénario possible est que les contrats soient prolongés d’un an, le temps qu’EDL lance de nouveaux appels d’offres pour confier ces marchés. « Il est également possible que l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité récemment formée décide de changer de type de contrat, pour passer d’une délégation de service public à un autre modèle, comme la concession », spécule-t-elle.
Les contrats entre EDL et ses prestataires de services ont été établis pour la première fois en 2012 , dans le cadre d’un plan de réforme de l’électricité élaboré par Gebran Bassil en 2010. À travers eux, EDL a ainsi délégué la collecte des factures, ainsi que les missions de maintenance et de modernisation du réseau, à trois sociétés : Bus (Butec, responsable du nord du Mont-Liban et du Liban-Nord) ; KVA (Khatib & Alami, chargé de Beyrouth et de la Békaa) ; et NEUC (National Electricity Utility Company, Debbas, en charge du sud du Mont-Liban et du Liban-Sud). Les premiers contrats prévoyaient des durées de 4 ans. NEUC se partage le Sud avec Mrad for Trading, Industry and Contracting, arrivé en 2018 dans un dossier très politisé et marqué par les mouvements sociaux lancés par les journaliers d’EDL, travailleurs contractuels dont une partie a été reversée dans le privé via ces contrats au lieu d’intégrer la fonction publique comme il était un temps prévu.



Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
L'OLJ révèle le projet non définitif de déclaration d’intention entre Israël et le Liban