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Dernières Infos - Varsovie

Le président nationaliste polonais à Berlin et à Paris pour parler histoire, sécurité et Mercosur


Le président polonais Karol Nawrocki arrive pour une rencontre avec le président français Emmanuel Macron (non visible sur la photo) au palais de l’Élysée, à Paris, le 16 septembre 2025. Benoit TESSIER / Reuters

Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki se rend mardi pour la première fois à Berlin et à Paris, au moment où la Pologne cherche à renforcer la protection de sa frontière est, limite orientale de l'UE et de l'Otan.

Outre des dossiers bilatéraux entre Varsovie et chacune des deux capitales, le chef de l'Etat polonais, investi début août, a prévu de rappeler à Berlin la question épineuse des dédommagements pour la Seconde Guerre mondiale, et à Paris, d'aborder celle de l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur, que la Pologne rejette en bloc.  

L'Allemagne et la France ont d'ores et déjà offert à la Pologne le renforcement de sa défense aérienne, après l'intrusion de drones russes sur son territoire. Jugée délibérée par Varsovie, l'irruption d'une vingtaine de drones russes dans l'espace aérien polonais dans la nuit de mardi à mercredi, en pleine guerre d'Ukraine, a provoqué un branle-bas chez les alliés européens.

Après l'Allemagne, qui a annoncé prolonger sa mission de protection de l'espace aérien polonais et faire passer de deux à quatre le nombre de ses avions de combat Eurofighter déployés à cet effet, la France a indiqué qu'elle dépêchait trois Rafale dans ce pays. Une aide d'autant plus précieuse que le président américain Donald Trump, pour lequel M. Nawrocki n'a jamais caché son admiration, a choqué le gouvernement et l'opinion publique polonaise en laissant entendre que l'intrusion des drones n'était peut-être pas intentionnelle mais le résultat d'une « erreur ».

Dossier délicat

A Berlin, le nouveau chef de l'Etat polonais, novice en politique, a été accueilli par le président Frank-Walter Steinmeier, puis le chancelier Friedrich Merz. Mais aucun des trois ne s'est exprimé publiquement, alors que des sujets délicats et des petites phrases polluent régulièrement la relation. 

Ancien directeur de l'Institut de la mémoire nationale (IPN) chargé de poursuivre les crimes nazis et communistes, M. Nawrocki a, à plusieurs reprises, accusé l'Allemagne de considérer la Pologne comme « un partenaire mineur ». Conformément à ses promesses électorales, le président veut aussi des réparations au titre des crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement allemand a, depuis des années et à maintes reprises, jugé le dossier clos. 

Selon Berlin, la Pologne a renoncé à ses réparations en 1953 sous la pression de l'Union soviétique. Le gouvernement pro-européen polonais confirme cette position. Mardi, après la rencontre Merz-Nawrocki, un porte-parole adjoint du chancelier allemand, Sebastian Hille s'est borné à relever dans un communiqué que « la réconciliation avec la Pologne après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale (...) reste une responsabilité historique » de l'Allemagne. S'agissant de la Russie, « le chancelier a souligné que l'Allemagne se tenait fermement et indéfectiblement aux côtés de la Pologne face à la menace russe », selon le même communiqué.

M. Nawrocki a lui, dans un tweet, noté avoir discuté en Allemagne « des défis de la sécurité régionale, de l'avenir de l'Union européenne, des perspectives des relations polono-allemandes et des réparations pour les dommages causés à la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale ».

A Paris mardi après-midi, le président polonais rencontrera son homologue français Emmanuel Macron, avec qui il discutera de la sécurité et de la défense, du soutien à l'Ukraine, ainsi que des relations bilatérales entre la France et la Pologne, selon la présidence française.La partie polonaise annonce également que le président Nawrocki abordera avec son homologue français la question de l'accord de libre-échange entre des pays latino-américains du Mercosur et l'Union européenne. La Pologne a d'ores et déjà annoncé qu'elle voterait contre cet accord qu'elle juge fortement nuisible pour l'agriculture polonaise et européenne, et qu'elle allait chercher à rallier la France à sa cause.

Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki se rend mardi pour la première fois à Berlin et à Paris, au moment où la Pologne cherche à renforcer la protection de sa frontière est, limite orientale de l'UE et de l'Otan.Outre des dossiers bilatéraux entre Varsovie et chacune des deux capitales, le chef de l'Etat polonais, investi début août, a prévu de rappeler à Berlin la question épineuse des dédommagements pour la Seconde Guerre mondiale, et à Paris, d'aborder celle de l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur, que la Pologne rejette en bloc.  L'Allemagne et la France ont d'ores et déjà offert à la Pologne le renforcement de sa défense aérienne, après l'intrusion de drones russes sur son territoire. Jugée délibérée par Varsovie, l'irruption d'une...