Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Conflit

Frappe au Qatar: l'ONU et nombre de pays demandent qu'Israël assume la responsabilité de ses actes


Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk (à droite), aux côtés de la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme, Nada Al-Nashif, lors d'un débat d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur l'attaque du Qatar par Israël, à Genève, le 16 septembre 2025. Photo AFP/FABRICE COFFRINI

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme et nombre de pays ont condamné mardi l'attaque israélienne la semaine dernière au Qatar, dénonçant une « escalade dangereuse » et demandant qu'Israël assume « la responsabilité » de ses actes.

« La frappe israélienne contre les négociateurs à Doha le 9 septembre est une violation choquante du droit international » et « une atteinte à la paix et à la stabilité régionales », a déclaré le Haut-Commissaire Volker Türk, lors d'un débat organisé en urgence au Conseil des droits de l'Homme à Genève.

Dénonçant « une attaque contre la paix et la stabilité régionales », il a demandé qu'Israël assume « la responsabilité de ses meurtres illégaux ».

Selon M. Türk, les frappes israéliennes compromettent en outre « le rôle essentiel du Qatar en tant que facilitateur et négociateur de paix ».

Le Qatar et plusieurs dizaines de pays représentés ont fait écho à ses déclarations lors du débat, qui a duré trois heures.

La ministre qatarie de la Coopération internationale, Maryam bint Ali bin Nasser Al-Misnad, a dénoncé « l'attaque déloyale » d'Israël et a demandé que la communauté internationale « prennent des mesures concrètes pour mettre les aggresseurs face à leur responsabilité et empêcher l'impunité ».

« Cette attaque n'était pas un incident isolé, mais plutôt une partie d'une campagne plus large visant à brouiller le rôle du Qatar et à faire obstacle à ses efforts diplomatiques », a-t-elle ajouté.

L'ambassadeur du Pakistan, Bilal Ahmad, dont le pays a été parmi ceux qui ont réclamé ce débat en urgence, a déclaré que « cette attaque injustifiable et non provoquée constitue du dangereuse escalade ».

L'attaque israélienne, qui visait des responsables du Hamas, a été menée la semaine dernière contre un complexe résidentiel à Doha, capitale du pays médiateur dans les négociations en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Les frappes israéliennes ont tué cinq membres du mouvement palestinien et un membre des forces de sécurité qataries, mais le mouvement islamiste a dit que les responsables visés avaient pour leur part survécu.

Ces frappes ont suscité de nombreuses condamnations, notamment des riches monarchies du Golfe, alliées des États-Unis.

Le Conseil des droits de l'Homme a annoncé lundi la tenue du débat urgent sur ces frappes, à la demande du Pakistan, au nom des États membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), et du Koweït, au nom du Conseil de coopération des États arabes du Golfe.

Il s'agit du dixième débat urgent depuis la création du Conseil des droits de l'Homme en 2006.

« Episode honteux », pour Israël 

Ni Israël, ni son allié américain, qui se sont tous deux retirés du Conseil cette année, n'étaient présents pour ce débat.

La mission israélienne auprès de l'ONU à Genève avait qualifié lundi ce débat urgent d' »absurde », et l'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU à Genève, Daniel Meron, a dénoncé « un nouvel épisode honteux » de l'organe onusien, l'accusant de « servir de tribune à la propagande anti-israélienne ».

Il y a eu peu de soutien à la politique d'Israël durant ce débat.

L'ambassadeur de l'Union européenne, Deike Potzel, a déclaré que l'UE était fidèle à une « condamnation de principe du terrorisme sous toutes ses formes », tout en soulignant son « soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Qatar », appelant Israël à « respecter la législation internationale ».

« Nous appelons toutes les parties à se retenir de toute action menaçant les canaux de médiation et la stabilité régionale », a-t-elle dit.

L'ambassadeur de Chine, Chen Xu, a déclaré que son pays « rejette fermement et condamne catégoriquement » l'attaque du 9 septembre sur le Qatar, qualifiée de « tentative délibérée de faire dérailler le processus de négociation ».

Certaines des critiques les plus vives sont venues de l'Afrique du Sud, pays qui a porté une requête contre Israël devant la Cour internationale de justice, l'accusant de commettre un génocide à Gaza.

L'attaque « frappe le coeur même du processus de médiation », a déclaré l'ambassadeur sud-africain Mxolisi Nkosi, affirmant que cela « démontre qu'Israël ne veut pas mettre fin à sa guerre génocidaire contre le peuple palestinien ».

« Il est temps pour la communauté internationale de montrer par des contre-mesures concrètes qu'Israël ne bénéficie pas d'une forme immunité spéciale à sa responsabilité », a-t-il ajouté.

En représailles à l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l'armée israélienne a lancé une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, dont la quasi-totalité des plus de deux millions d'habitants ont été chassés de leurs foyers au moins une fois, selon l'ONU.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme et nombre de pays ont condamné mardi l'attaque israélienne la semaine dernière au Qatar, dénonçant une « escalade dangereuse » et demandant qu'Israël assume « la responsabilité » de ses actes.« La frappe israélienne contre les négociateurs à Doha le 9 septembre est une violation choquante du droit international » et « une atteinte à la paix et à la stabilité régionales », a déclaré le Haut-Commissaire Volker Türk, lors d'un débat organisé en urgence au Conseil des droits de l'Homme à Genève.Dénonçant « une attaque contre la paix et la stabilité régionales », il a demandé qu'Israël assume « la responsabilité de ses meurtres illégaux ».Selon M. Türk, les frappes israéliennes compromettent en outre « le rôle essentiel du Qatar en tant que...