Les habitants retournent dans le quartier Delmas 30 après que le chef de gang Jimmy Cherizier ait retiré ses soldats de plusieurs quartiers du nord-est de Port-au-Prince et exhorté les anciens habitants à regagner leurs maisons, à Port-au-Prince, Haïti, le 27 août 2025. Photo d'archives REUTERS/Jean Feguens Regala
Plus de cinquante personnes ont été tuées par une coalition de gangs la semaine dernière en Haïti, où les bandes criminelles sèment la terreur dans un contexte de profonde crise politique, a rapporté lundi une ONG locale de défense des droits humains. Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti subit depuis longtemps la violence des gangs, mais la situation s'est aggravée depuis début 2024, lorsque le Premier ministre de l'époque Ariel Henry avait été poussé à la démission par ces groupes armés, qui contrôlent désormais 90% de la capitale Port-au-Prince selon l'ONU.
« Les 11 et 12 septembre 2025, des terroristes de la coalition criminelle +Viv ansanm+ opérant dans la commune de Cabaret ont perpétré un massacre d'une extrême cruauté contre la population civile de la localité de Laboderie », a fait savoir le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) dans un rapport transmis à l'AFP.
Principale coalition de gangs opérant en Haïti, « Viv ansanm » (Vivre ensemble) a « assassiné plus de 50 personnes et incendié plusieurs dizaines de maisons », a précisé l'ONG.
« Au 14 septembre 2025, plusieurs victimes n'avaient toujours pas été retrouvées, tandis que des cadavres gisaient encore dans les broussailles, dévorés par des chiens », a-t-elle dénoncé, ajoutant que certains rescapés avaient pu se réfugier dans des localités voisines alors que d'autres avaient « pris la mer en canot pour tenter de fuir la barbarie ».
Selon l'ONG, Cabaret, située à environ 25 kilomètres au nord de Port-au-Prince, est depuis mars 2024 sous le contrôle de « Viv ansanm », qui reprochait aux habitants de Laboderie d' »être des informateurs de la police ». Placé à la tête du pays après la démission d'Ariel Henry en avril 2024, le Conseil présidentiel de transition a exprimé dans un communiqué sa « profonde indignation » face à ces « actes barbares ».
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui aussi « condamné » sur X cette « attaque brutale », appelant la communauté internationale à « renforcer » la Mission multinationale de sécurité (MMAS). Menée par le Kenya, la MMAS intervient depuis plus d'un an pour aider la police haïtienne dépassée. Sous-équipée et sous-financée, elle peine à faire le poids face aux gangs.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin