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Dernières Infos - Diplomatie

Abou Dhabi convoque le chargé d'affaires israélien pour dénoncer la « lâche » attaque au Qatar


Une photo prise à distance montre le bâtiment endommagé (à gauche) dans l'enceinte abritant les membres du bureau politique du groupe militant palestinien Hamas, qui a été pris pour cible la veille par une frappe israélienne à Doha, la capitale du Qatar, le 10 septembre 2025. Photo AFP

Les Émirats arabes unis ont annoncé avoir convoqué vendredi l'ambassadeur adjoint d'Israël à Abou Dhabi pour une protestation formelle après l'attaque israélienne au Qatar, pays voisin du Golfe, qui a provoqué une onde de choc dans la région. 

Les Émirats ont été, avec Bahreïn, les premiers pays du Golfe à normaliser leurs relations avec Israël en 2020.  Ils ont multiplié leurs critiques de la conduite par Israël de la guerre contre le Hamas à Gaza, et avaient déjà vertement condamné les raids meurtriers israéliens qui ont visé mardi des responsables du mouvement islamiste palestinien à Doha. 

En convoquant le représentant israélien, Abou Dhabi manifeste de la manière la plus forte sa réprobation, alors que la colère monte dans le Golfe après l'attaque israélienne dans une région longtemps épargnée par les conflits au Moyen-Orient.

« Reem bint Ebrahim Al Hashimy, ministre d'Etat chargée de la coopération internationale, a convoqué le chef adjoint de la mission israélienne aux Émirats arabes unis, David Ohad Horsandi », a indiqué le ministère émirati des Affaires étrangères dans un communiqué. 

La ministre lui a fait part « de la protestation des Émirats et leur ferme condamnation de l'attaque ignoble et lâche menée par Israël contre l'Etat du Qatar, ainsi que des déclarations hostiles du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu », ajoute le communiqué.


Sommet arabo-islamique


L'attaque sans précédent menée par Israël a touché un complexe résidentiel où étaient réunis des responsables du Hamas en plein coeur de la capitale du Qatar, allié des Etats-Unis. « Toute agression contre un Etat membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) constitue une attaque contre le dispositif de la sécurité commune du Golfe », a ajouté la ministre émiratie, citée par le communiqué. 

En réponse à une sollicitation de l'AFP sur cette convocation, une porte-parole de l'ambassade israélienne a déclaré qu' « Israël avait mené une frappe ciblée contre des hauts responsables du Hamas qui utilisaient le Qatar comme base pour mener la guerre » contre le pays. 

Selon des informations non confirmées relayées par les médias - qui expliqueraient pourquoi c'est le numéro deux de l'ambassade qui a été convoqué - l'ambassadeur israélien en poste aux Émirats arabes unis, Yossi Shelley, aurait été rappelé après avoir eu un comportement « indigne » dans un bar émirati il y a quelques mois et avoir enfreint à plusieurs reprises les protocoles de sécurité.  Le ministère israélien des Affaires étrangères n'a pas confirmé ces informations. 

Les frappes israéliennes contre le Qatar ont provoqué une onde de choc diplomatique dans les pays du Golfe qui sont des alliés clés des États-Unis, principal soutien d'Israël dans le monde.  Un sommet arabo-islamique d'urgence est prévu dimanche et lundi à Doha pour discuter d'une réponse régionale à l'attaque. 

Le président américain, Donald Trump, recevra vendredi à dîner le Premier ministre qatari Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani - qui devait auparavant rencontrer le secrétaire d'État américain Marco Rubio - dans son golf de Bedminster (New Jersey, nord-est), a fait savoir la Maison Blanche.

Malgré le fait que Donald Trump se soit montré contrarié par l'attaque israélienne, M. Rubio se rendra samedi en Israël pour assurer le pays du soutien américain en vue de la reconnaissance prochaine par plusieurs Etats, dont la France, d'un Etat palestinien, a annoncé vendredi le département d'Etat.

Mardi, Israël a déclaré avoir pris pour cible des dirigeants du Hamas à Doha, mais le groupe a affirmé que ses hauts responsables avaient survécu.  Il a affirmé vendredi soir que son négociateur en chef, Khalil Al-Hayya - présent dans le bâtiment visé selon des sources proches du mouvement - était vivant.  Six personnes ont été tuées dans l'attaque : cinq membres du Hamas, dont aucun n'était un haut dirigeant, ainsi qu'un membre qatari des forces de sécurité âgé d'une vingtaine d'années. 

La Maison Blanche a déclaré que le président américain Donald Trump n'approuvait pas la décision d'Israël de mener une action militaire. Elle a déclaré qu'il n'avait pas été informé à l'avance des frappes et avait demandé, dès qu'il en avait été notifié, à son envoyé Steve Witkoff d'avertir immédiatement le Qatar, mais que l'attaque avait alors déjà commencé. 

Les Émirats arabes unis ont annoncé avoir convoqué vendredi l'ambassadeur adjoint d'Israël à Abou Dhabi pour une protestation formelle après l'attaque israélienne au Qatar, pays voisin du Golfe, qui a provoqué une onde de choc dans la région. Les Émirats ont été, avec Bahreïn, les premiers pays du Golfe à normaliser leurs relations avec Israël en 2020.  Ils ont multiplié leurs critiques de la conduite par Israël de la guerre contre le Hamas à Gaza, et avaient déjà vertement condamné les raids meurtriers israéliens qui ont visé mardi des responsables du mouvement islamiste palestinien à Doha. En convoquant le représentant israélien, Abou Dhabi manifeste de la manière la plus forte sa réprobation, alors que la colère monte dans le Golfe après l'attaque israélienne dans une région...