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Dernières Infos - Brésil

« Bolsonaro en prison ! », « injustice » : les divisions du Brésil s'étalent

Des personnes célèbrent la décision de la Cour suprême du Brésil concernant le procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, dans le quartier de Santa Teresa, à Rio de Janeiro, le 11 septembre 2025. Photo AFP/ Mauro Pimentel.

Attablés face à un écran géant dans un bar à Brasilia, des clients crient de joie et applaudissent: ils ne célèbrent pas un but de leur équipe de foot préférée, mais la condamnation de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

L'ambiance est à l'opposé près de la maison où ce dernier est assigné à résidence dans la capitale: quelques dizaines de ses partisans se sont retrouvés pour une « veillée de prière » en son soutien, non loin de l'entrée du complexe luxueux où il vit.

Près d'un camion équipé d'une sono, la plupart portent des drapeaux du Brésil mais aussi des Etats-Unis et d'Israël, dont les conservateurs brésiliens soutiennent les gouvernements.

« Je garde la foi parce que je pense que les choses peuvent encore changer », dit à l'AFP Rita dos Passos, 59 ans. « Président Bolsonaro, on t'aime ! », lance-t-elle au micro.

Fortement soutenu dans les milieux chrétiens, en particulier évangéliques, l'ancien chef de l'Etat (2019-2022) a été déclaré jeudi coupable de tentative de coup d'Etat lors d'un procès historique à la Cour suprême, à un peu plus d'un an de la présidentielle de 2026.

« C'est le jour de l'injustice », fustige une jeune fille montée sur le camion. « Mais le Seigneur est avec nous », ajoute-t-elle en tenant un rosaire.

Sur la plateforme X, des comptes de droite ont rapidement relayé les expressions « Ils veulent tuer Bolsonaro » et « Suprême persécution ».

« Justice rendue »

Autre ambiance au Pardim, point de rendez-vous de la gauche dans un quartier résidentiel de la capitale.  « Bolsonaro en prison ! », ont hurlé certains clients du bar au moment du vote décisif de la juge Carmen Lucia.

« J'ai fondu en larmes, c'est un moment très important, qu'on attendait depuis si longtemps », dit Sofia Araujo, étudiante de 20 ans attablée à quelques mètres de l'écran installé sur la terrasse, où se pressaient en fin de soirée quelque 200 personnes.

L'ancien chef de l'Etat a été condamné jeudi à 27 ans de prison par la Cour suprême pour tentative de coup d'Etat en 2023.

« Je suis si heureuse. Aujourd'hui, on peut faire la fête, car la justice a été rendue », ajoute la jeune femme aux cheveux ondulés décolorés.

Le 30 octobre 2022, elle était déjà venue fêter au Pardim la victoire du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui a battu Jair Bolsonaro au second tour.

Jarbas Campos Pardim, propriétaire du bar depuis 15 ans, avait préparé son coup pour le dénouement de ce procès. 

Il a acheté 80 caisses de bière et le barbecue a été allumé dès l'ouverture de l'audience à la Cour suprême, retransmise en direct sur les télévisions.

« Aujourd'hui, c'est le jour de la condamnation, donc c'est un jour de célébration », exulte-t-il.

« C'est important de se rassembler pour montrer que nous sommes ensemble pour défendre la démocratie », explique cet homme de 47 ans.

Hymne national revisité 

Joao Marcelo Lopes Soares, 25 ans, est arrivé tôt pour ne pas perdre une miette de l'audience.

« Ce 11 septembre 2025 est un jour historique, un tournant dans la lutte contre le fascisme », s'écrie ce jeune homme qui porte un maillot rouge et noir de Flamengo, le club de football le plus populaire de Rio de Janeiro et du pays.

Il est tout sourire même s'il est conscient de la pression des Etats-Unis, le président américain Donald Trump ayant invoqué une « chasse aux sorcières » contre son allié d'extrême droite pour infliger une surtaxe douanière de 50% sur certains produits brésiliens.

« Malgré cette forte pression extérieure, surtout de la part de Trump, je crois qu'il y a une justice au Brésil, nous sommes un pays sérieux », affirme-t-il.

Renato Alexandre Xavier, 53 ans, a préparé spécialement pour l'occasion une parodie de l'hymne national brésilien, adaptant les paroles pour l'occasion.

« Paria devenu criminel, la prison est ta destinée », dit une des strophes qu'il chantonne fièrement.


Attablés face à un écran géant dans un bar à Brasilia, des clients crient de joie et applaudissent: ils ne célèbrent pas un but de leur équipe de foot préférée, mais la condamnation de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
L'ambiance est à l'opposé près de la maison où ce dernier est assigné à résidence dans la capitale: quelques dizaines de ses partisans se sont retrouvés pour une « veillée de prière » en son soutien, non loin de l'entrée du complexe luxueux où il vit.
Près d'un camion équipé d'une sono, la plupart portent des drapeaux du Brésil mais aussi des Etats-Unis et d'Israël, dont les conservateurs brésiliens soutiennent les gouvernements.
« Je garde la foi parce que je pense que les choses peuvent encore...