Des Palestiniens déplacés par l’offensive militaire israélienne, se réfugient dans un camp de tentes, à Gaza-Ville, le 11 septembre 2025. Dawoud ABU ALKAS / Reuters
L'Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a dénoncé jeudi le refus persistant d'Israël d'accorder un accès indépendant aux journalistes étrangers, près de deux ans après le déclenchement de la guerre à Gaza
« Israël doit cesser de tuer des journalistes à Gaza et permettre à la presse étrangère un accès libre et indépendant au territoire », a déclaré l'association, qui regroupe plus de 350 membres travaillant pour des médias étrangers en Israël et dans les Territoires palestiniens. « Ce retard persistant et institutionnalisé constitue une honte pour Israël et ses alliés, qui ont trop souvent choisi de ne pas défendre les libertés fondamentales de la presse », a ajouté le conseil d'administration de l'association dans un communiqué.
Un journaliste de l'AFP siège au conseil d'administration de la FPA.
L'association a rappelé que la Cour suprême d'Israël avait à plusieurs reprises repoussé les audiences concernant sa requête exigeant un accès à Gaza. L'association « constate avec consternation qu'une année entière s'est écoulée depuis le dépôt de sa deuxième requête auprès de la Cour suprême israélienne pour un accès libre et indépendant à Gaza », précise le communiqué. « Malgré l'urgence, la Cour a à maintes reprises accédé aux demandes de report du gouvernement et ajourné audience après audience. »
« Pris pour cible »
La FPA a également dénoncé le fait que des journalistes palestiniens exerçant à Gaza sont pris pour cible.
« Les journalistes palestiniens ont été directement visés. Les lieux où ils se réunissaient habituellement ont été bombardés », souligne-t-elle, rappelant qu'au moins 200 d'entre eux ont été tués par des tirs israéliens. « En dépit de tous ces dangers, ils continuent d'informer le monde tout en affrontant non seulement la violence, mais aussi la faim et les déplacements répétés. »
Le mois dernier, des bombardements israéliens sur un hôpital de Gaza ont fait plus de 20 morts, dont cinq journalistes, selon les autorités locales. La FPA a en outre critiqué les dirigeants et l'armée israéliens pour leurs efforts « extrêmes visant à discréditer le travail de nos collègues palestiniens et, plus largement, celui de la presse étrangère. »
« Cette campagne de délégitimation a créé et amplifié des conditions de travail dangereuses pour les journalistes, conduisant à la banalisation de l'incitation, du harcèlement et des attaques contre la presse étrangère, tant de la part de civils israéliens que des forces de sécurité », affirme le communiqué.
L'armée israélienne accuse nombre de journalistes tués dans ses attaques d'être des « terroristes », membres du mouvement islamiste palestinien Hamas ou du Jihad islamique. La guerre de Gaza, qui a dévasté le territoire palestinien, a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Depuis, l'armée israélienne n'a permis l'entrée à Gaza qu'à une poignée de journalistes étrangers, le territoire palestinien demeurant sous blocus israélien.


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