Le président libanais Joseph Aoun entouré d'une délégation du Parlement arabe, le 8 septembre 2025 au palais de Baabda. Photo X/@LBpresidency
Le Parlement arabe, présidé par l'émirati Mohammad Ahmad el-Yamahi, a exprimé lundi son soutien au président, Joseph Aoun, et au gouvernement de Nawaf Salam, lors d'une tournée à Beyrouth alors que le Liban se remet d'une guerre dévastatrice de 13 mois entre Israël et le Hezbollah et qu'il cherche à désarmer les milices sur son territoire, à leur tête le parti chiite. Le président Aoun a, de son côté, réitéré l’attachement du Liban à l’Initiative arabe de paix concernant le conflit israélo-palestinien, telle que définie lors du Sommet de la Ligue arabe à Beyrouth en 2002, et appelé à une position arabe unifiée sur toutes les causes arabes.
Recevant au palais de Baabda une délégation du Parlement arabe, le chef de l’État a souligné que « nous (le Liban) faisons partie intégrante du monde arabe et sommes liés les uns aux autres », estimant que ces nations devraient « constituer un seul corps ».
Le président libanais a par ailleurs condamné « les agressions israéliennes contre le Liban, en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre dernier (...) ». Malgré la trêve ayant mis fin à plus de 13 mois de conflit avec le Hezbollah, l’armée israélienne occupe encore des positions le long de la frontière et frappe quasi quotidiennement le Liban-Sud et la Békaa.
Obtenir le retrait des forces israéliennes
M. Aoun a également dénoncé « les massacres perpétrés par les forces israéliennes dans la bande de Gaza, soumise à une destruction systématique visant à pousser sa population restante à l’exode », en référence à l'offensive israélienne qui a tué plus de 67 000 Palestiniens depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023, suite à l'opération « Déluge d'al-Aqsa » du Hamas contre Israël.
Le président libanais a par ailleurs relevé, lors de ses visites dans les pays arabes, le soutien de leurs dirigeants et populations au Liban, estimant que cela « donne un élan supplémentaire à la démarche de réformes que nous avons entamée depuis ma prise de fonctions et que nous poursuivrons malgré les difficultés ».
Selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), le président émirati du Parlement arabe, Mohammad Ahmad el-Yamahi, a réitéré la solidarité de l’institution avec Joseph Aoun « face aux violations répétées commises par l’entité d’occupation contre le territoire libanais », et a soutenu les efforts du président libanais « pour obtenir le retrait des forces israéliennes, reconstruire le Liban et permettre le retour des habitants dans leurs villages ». À l’issue de la rencontre, M. Yamahi a indiqué que le Parlement arabe voit dans la politique de Joseph Aoun « une volonté forte de restaurer le prestige du Liban et de renforcer l’unité nationale ». Il a également exprimé le soutien du Parlement à l’idée d’un marché arabe commun et à tous les efforts servant le Liban.
Salam plaide pour un soutien à l’armée libanaise
La délégation s’est ensuite rendue au Sérail pour s'entretenir avec le Premier ministre Salam. Celui-ci a rappelé que « le gouvernement est déterminé à mettre en œuvre ses décisions visant à assurer le monopole des armes aux mains de l’État sur l’ensemble du territoire ». Il a ajouté que « le Liban, après avoir retrouvé sa place naturelle parmi ses frères arabes, a besoin d'un renfort du soutien à l’armée libanaise, en tant que pilier essentiel de la protection de la patrie », tout en notant « la nécessité de faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses agressions et se retire des territoires libanais qu’il continue d’occuper ».
La délégation a pour sa part affirmé « le soutien du Parlement arabe à tout ce qui renforce la sécurité et la stabilité du Liban », soulignant que « la prochaine étape sera une phase de prospérité et de progrès pour le Liban et son peuple, et que le Parlement arabe suit les efforts du gouvernement depuis sa formation et se tient prêt à fournir tout ce qui est nécessaire pour appuyer cette stabilité ».


