Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Rajji, lors d’une interview sur la chaîne LBCI, le 21 mai 2025. Photo fournie par son bureau de presse
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a annoncé dimanche avoir été informé par son homologue français, Jean-Noël Barrot, de l’intention du président Emmanuel Macron d’organiser deux conférences internationales pour le Liban, « l’une en soutien à l’armée libanaise, l’autre dédiée à la reconstruction et à la relance économique du pays, lorsque les conditions appropriées seront réunies ».
Lors d'un échange téléphonique entre les deux diplomates, M. Barrot a également indiqué que la France a salué « l’adoption par le gouvernement libanais du plan de l’armée visant à rétablir le monopole des armes » entre les mains de l'État, selon M. Raggi. « Il a affirmé la disponibilité de la France à accompagner les autorités libanaises dans la mise en œuvre de leurs engagements et à soutenir les forces armées libanaises », a-t-il ajouté, indique un communiqué publié sur X.
« Meilleur renouvellement possible du mandat de la Finul »
Le chef de la diplomatie libanaise a par ailleurs remercié son homologue pour les efforts déployés par la France « afin d'obtenir le meilleur renouvellement possible du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) », qui a été renouvelé « une dernière fois » pour une année supplémentaire jusqu'en décembre 2026.
La communauté internationale et les bailleurs de fonds conditionnent les aides financières au Liban et à son armée à la mise en œuvre de réformes économiques et institutionnelles, dont des avancées concrètes concernant le monopole des armes, et ainsi le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah. Une conférence s'était tenue à Paris fin octobre 2024, en plein cœur de la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël, lors de laquelle près d'un milliard de dollars avait été levé pour le Liban, dont environ un quart de la somme avait été alloué aux forces armées libanaises.
Lors du dernier Conseil des ministres, vendredi 5 septembre, le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, a présenté le plan de sa troupe pour mener à bien le désarmement de l'ensemble des milices sur le sol libanais. Après le retrait des cinq ministres chiites de la séance, le gouvernement de Nawaf Salam a déclaré avoir « bien accueilli » ce plan, sans l'avoir formellement adopté et établi de calendrier précis, afin de ne pas froisser complètement le tandem chiite Amal-Hezbollah.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin