Le patriarche maronite libanais Béchara Raï. Photo d'archives AFP
Le patriarche maronite Béchara Raï a affirmé, dans son homélie dominicale, que le Liban ne devrait pas s’attarder aux «futilités», mais revenir à l’essentiel, à savoir « le vivre-ensemble, la dignité humaine, la liberté et l’égalité, tous sous l’égide de la loi ». Pour le prélat, ces points constituent « la meilleure part du pays, qui ne devrait pas lui être retirée et dont la perte rendrait tout le reste vain ».
Cet appel intervient après plusieurs semaines de polarisation politique au Liban autour de la question du désarmement du Hezbollah. Le parti chiite, qui refuse de remettre son arsenal, a agité à plusieurs reprises la menace d'une « confrontation » interne, tandis que ses détracteurs au Liban et les États-Unis poussent pour un désarmement rapide du parti-milice.
Le patriarche Raï a dans ce cadre appelé les responsables à « bâtir un État fondé sur le droit et la justice, préserver la terre et l’identité du citoyen, placer l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers et œuvrer à une unité nationale qui transcende les divisions et la lutte pour le pouvoir ».
Il a appelé les responsables politiques à « placer l’intérêt de la patrie et du peuple au-dessus de toute autre considération ; les acteurs économiques et les décideurs à rétablir la confiance dans l’économie nationale et les citoyens à tenir bon sur leur terre, fondement de leur identité et de leur histoire ».
Et de conclure : « La patrie vit aujourd’hui un conflit entre la multitude des soucis et des désordres, d’une part, et la nécessité de rester attachés à l’essentiel, d’autre part ».
Le Conseil des ministres a affirmé vendredi avoir « bien accueilli » le plan préparé par l’armée libanaise pour démanteler les arsenaux des milices, à commencer par le Hezbollah. Une formule mesurée, qui a évité une adoption formelle du plan afin de ne pas froisser le tandem chiite, dont les ministres s’étaient retirés de la séance. Les milieux du duo Amal-Hezbollah ont accueilli avec prudence la décision du gouvernement, également saluée à l'autre bout de l'échiquier politique.


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