Un drapeau nord-coréen. AFP
Des informations crédibles existent selon lesquelles la Corée du Nord mène des expériences médicales sur des personnes handicapées, les stérilisant de force ou tuant des nouveau-nés, a affirmé un comité de l'ONU mercredi. De telles pratiques auraient lieu dans des établissements pédiatriques et des centres de détention, selon le Comité des droits des personnes handicapées.
« Des informations crédibles indiquent que des expériences médicales et scientifiques sont effectuées sur des personnes en situation de handicap psychosocial et/ou intellectuel », a déclaré le comité, dans un rapport. Il s'est montré alarmé face aux informations faisant état de femmes porteuses d'un handicap qui sont soumises de force à des stérilisations et des avortements.
Le comité a souligné qu'il était « profondément préoccupé par des informations crédibles faisant état d'infanticides d'enfants handicapés », y compris dans des établissements médicaux.
Au moment de la présentation du rapport aux journalistes, une membre du comité, Mara Gabrilli, a expliqué qu'il avait également entendu parler de personnes handicapées qui étaient utilisées, sans leur consentement, pour des essais cliniques.
Elle a souligné que le comité avait demandé à la Corée du Nord de criminaliser immédiatement toutes ces expériences, de garantir une surveillance indépendante des institutions concernées et d'établir des mécanismes pour que les victimes obtiennent réparation.
« Les personnes handicapées ne sont pas des objets d'expérimentation mais des êtres humains qui ont droit à l'intégrité physique, à l'autonomie et au respect », a-t-elle martelé.
Le rapport du comité repose sur des informations confidentielles, sur des informations du Rapporteur spécial de l'ONU sur la Corée du Nord, qui s'y était rendu en 2017, ainsi que sur des témoignages de personnes ayant fui cet Etat très fermé.
Mme Gabrilli a regretté que la Corée du Nord n'ait pas fourni au comité de données officielles et que lorsque ses préoccupations ont été transmises aux autorités nord-coréennes, « l'État a déclaré que c'était un mensonge ».
Selon le comité, la Constitution de la Corée du Nord n'interdit pas explicitement les discriminations fondées sur le handicap.
Il dénonce par ailleurs le fait que les personnes handicapées continuent d'être stigmatisées dans ce pays, ainsi que l'approche à deux vitesses avec, d'un côté, les anciens combattants porteurs de handicap qui bénéficient de traitements spéciaux tandis que les autres personnes handicapées se voient privées de certains services.
Le comité est aussi « préoccupé par le fait que les personnes handicapées en détention sont soumises à des traitements dégradants », selon le rapport.


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