Le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdel Latif Deriane. Photo Ani
Le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, a lancé mercredi, dans un message diffusé à l'occasion de la fête de la naissance du Prophète Mahomet, célébrée jeudi, un plaidoyer pour le monopole des armes aux mains de l'État et contre la corruption, deux jours avant un Conseil des ministres visant à approuver un plan de l'armée pour désarmer les milices au Liban, en tête desquelles le Hezbollah.
Dans un communiqué, le dignitaire sunnite a appelé à « restaurer l'État, ses institutions, son armée et ses armes, et engager des réformes profondes qui auraient dû être mises en œuvre depuis des années. » « L'exigence de limiter la détention des armes à l’État est une revendication libanaise authentique et fondamentale », a-t-il estimé, dénonçant le fait que l'existence de « deux armées » dans un même pays empêche « l'émergence d'un État pour tous les citoyens ».
« Il n’est plus possible que l’alliance des armes et de la corruption continue de dominer l’État libanais », a tancé le mufti. « Il n'est pas permis de s’insulter, de se discréditer mutuellement ni de négliger les intérêts de la patrie et l’autorité de l’État », a-t-il poursuivi, dénonçant des « accusations » contre certains responsables, alors que le Premier ministre Nawaf Salam est accusé par le Hezbollah et ses partisans de faire le jeu d'Israël en voulant désarmer le parti-milice chiite pro-iranien.
Au niveau régional, le mufti Deriane a estimé que « le monde arabe n'a jamais traversé de circonstances plus difficiles que celles vécues ces dernières années, ni connu un massacre tel que celui de Gaza ».
De son côté, le président du Parlement, Nabih Berry, allié du Hezbollah et qui avait lancé une initiative de « dialogue » sur la question du monopole des armes, a espéré que la fête de la naissance du Prophète constitue « une inspiration, une lumière qui sortira la communauté des ténèbres de la division vers l’espace de l’unité ».


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