Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le chancelier allemand Friedrich Merz (à gauche) se serrent la main avant une réunion franco-allemande des ministres à Toulon, dans le sud-est de la France, le 29 août 2025. Photo de Manon Cruz / REUTERS / AFP
Paris et Berlin ont appelé vendredi à des « sanctions supplémentaires » contre la Russie face au refus de Vladimir Poutine de rencontrer Volodymyr Zelensky pour trouver une issue à la guerre en Ukraine, contrairement à ce qu'il avait promis à Donald Trump.
Le 18 août, le chef de l'Etat russe s'était « engagé auprès du président Trump » à rencontrer son homologue ukrainien, a affirmé le président français Emmanuel Macron au côté du chancelier allemand Friedrich Merz. Or si cette réunion bilatérale ne se déroule pas d'ici à lundi, « je crois qu'une fois encore, ça voudra dire que le président Poutine se sera joué du président Trump » et « ça ne peut pas rester sans réponse », a-t-il jugé.
Vladimir Poutine n'a « manifestement aucune volonté (...) de rencontrer le président Zelensky, il pose des conditions préalables qui sont tout simplement inacceptables », a renchéri le chancelier allemand au cours d'une conférence de presse commune à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à Toulon, dans le sud-est de la France.
« Cela ne me surprend pas franchement car cela fait partie de la stratégie de ce président russe d'agir de cette manière », a-t-il confié.
« Forcer » la Russie à discuter
En conséquence, Paris et Berlin ont assuré qu'ils pousseraient à l'adoption de sanctions supplémentaires contre la Russie. « Nous continuerons d'exercer la pression pour que des sanctions supplémentaire soient prises par nous-mêmes, et nous y sommes prêts, mais aussi par les Etats-Unis d'Amérique pour forcer la Russie à revenir autour de la table des discussions », a souligné Emmanuel Macron.
« En ce moment, les Etats-Unis discutent intensément d'autres taxes douanières, je serais très favorable à ce que le gouvernement américain prenne cette décision et l'applique également à d'autres pays dont le gaz et le pétrole financent une grande partie de l'économie de guerre russe », a quant à lui dit le dirigeant allemand.
Les deux hommes parleront chacun de leur côté au président américain « ce week-end ». MM. Macron et Merz font écho au chef de l'Etat ukrainien, qui a appelé la veille au cours d'une visioconférence des dirigeants européens à « maintenir la pression » en vue d'une rencontre au sommet entre l'Ukraine et la Russie.
Les frappes de grande ampleur sur Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi rappellent selon M. Zelensky l'urgence d'agir. Ces bombardements ont coûté la vie à au moins 23 personnes, dont quatre enfants, et une cinquantaine ont été blessées, selon un bilan de l'administration militaire de la capitale ukrainienne tôt vendredi.
Encore de « nombreux mois » de guerre
D'après Friedrich Merz, « cette guerre pourrait encore durer de nombreux mois ». « Nous devrions en tout cas nous y préparer. Nous sommes prêts », a-il affirmé vendredi. « Maintenir cette 'Coalition des volontaires' » est une donc une « priorité » du couple franco-allemand, a-t-il observé.
MM. Merz et Macron auront la semaine prochaine une réunion avec leurs homologues de la trentaine de pays prêts à apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine, pour éviter une reprise du conflit une fois que celui-ci aura pris fin. D'ici là, dans une déclaration commune, Paris et Berlin ont annoncé leur intention de fournir davantage de défense antiaérienne à l'Ukraine, « au regard des frappes russes massives » sur ce pays ces dernières semaines.
Le président français s'est par ailleurs défendu d'être « grossier ou vulgaire », comme l'en accuse Moscou pour avoir qualifié Vladimir Poutine d' « ogre ». Il a réfuté toute insulte mais défendu ces qualificatifs, évoquant un « homme qui a décidé d'aller vers une dérive autoritaire, autocratique et de mener un impérialisme révisionniste », à savoir de vouloir modifier les « frontières internationales ».


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